« Nous n’avions encore jamais rien observé de tel chez un mammifère » : elles vivent avec nos virus les plus redoutés !

Les chauves-souris, un réservoir de virus redoutés, possèdent un double génome immunitaire unique

Souvent redoutées en raison de leur rôle potentiel dans la transmission de virus à l’homme, les chauves-souris ont été associées à l’origine du coronavirus responsable de la Covid-19. Bien que leur rôle dans la pandémie reste sujet à débat, leur capacité à cohabiter avec des agents pathogènes sans développer de formes graves suscite l’intérêt des scientifiques.

Une étude publiée fin juillet 2026 dans Science Advances met en lumière une caractéristique génétique inédite qui pourrait enrichir notre compréhension de leur système immunitaire. En effet, les chercheurs des universités Tulane et Stanford, en collaboration avec les CDC américains, ont découvert que certaines espèces de chauves-souris de la famille des Vespertilionidés possèdent deux locus IgH complets et fonctionnels, localisés sur des chromosomes différents.

Cette découverte est d’autant plus remarquable que chez l’être humain et tous les autres mammifères connus, il n’existe qu’un seul locus de ce type. Les cellules immunitaires des chauves-souris semblent utiliser ces deux systèmes pour produire des anticorps, privilégiant le locus le plus compact. Cette diversité dans l’utilisation des locus pourrait indiquer des fonctions immunitaires variées.

Hannah Frank, coauteure de l’étude et professeure associée à l’Université Tulane, a déclaré : « Nous n’avions encore jamais rien observé de tel chez un mammifère. »

Cette recherche ne permet pas encore d’expliquer entièrement comment certaines chauves-souris réussissent à tolérer des virus dangereux pour l’homme, mais elle constitue une avancée cruciale pour comprendre leur immunité. Une synthèse de 2021 dans Nature avait déjà souligné que leur système immunitaire repose sur un équilibre particulier, capable de maintenir des défenses antivirales tout en limitant l’inflammation excessive.

Pour l’instant, aucune méthode ne permet d’envisager la reproduction de ce double locus chez l’être humain, ni d’en tirer un traitement. Toutefois, une meilleure compréhension de la manière dont ces chauves-souris fabriquent et sélectionnent leurs anticorps pourrait aider à développer de nouvelles stratégies pour mieux cohabiter avec les virus.

Source : Science Advances, 2026.

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