Une page perdue du manuscrit d’Archimède retrouvée au musée de Blois
Longtemps considérée comme disparue, une page du manuscrit d’Archimède a refait surface au Musée des Beaux-Arts de Blois grâce aux recherches d’un scientifique du CNRS. Une découverte majeure qui ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude de ce document exceptionnel à l’aide des techniques d’imagerie les plus récentes.
Une redécouverte fortuite
Victor Gysembergh, historien de la philosophie et des sciences de l’antiquité, a retrouvé le feuillet début mars. Ce manuscrit, rédigé en grec au Xème siècle, est une copie d’un ouvrage original du célèbre scientifique du IIIe siècle avant J.C. Au cours du XXème siècle, trois feuillets avaient été perdus, et l’un d’eux a été identifié par Gysembergh. « D’emblée, en voyant la page, j’ai eu cette hypothèse que c’était une des trois pages perdues du palimpseste d’Archimède », a-t-il déclaré.
Le palimpseste d’Archimède
Ce feuillet est un palimpseste, un parchemin dont l’écriture originale a été effacée pour être réutilisée. Les feuillets étaient généralement fabriqués en peau animale, ce qui les rendait coûteux et souvent recyclés, notamment par des moines pour des livres de prières. Le palimpseste d’Archimède a été identifié pour la première fois en 1906 par l’historien danois Johann Ludwig Heiberg à Istanbul.
Un parcours complexe
Le manuscrit a connu plusieurs péripéties. Il a disparu durant la Seconde Guerre mondiale avant de réapparaître dans une collection privée. En 1998, il a été vendu aux enchères à New York et déposé deux ans plus tard au Walters Art Museum à Baltimore. Des campagnes d’imagerie multispectrale ont permis de révéler des fragments de textes antiques auparavant inconnus.
Un héritage à Blois
Le feuillet retrouvé à Blois provient d’un don fait en 1974 par André Franck, un homme de théâtre et écrivain, à la ville. Gysembergh a consulté les archives numériques du musée pour confirmer l’identité de la page, qui est la page 123 du traité « De la sphère et du cylindre ».
Vers de nouvelles découvertes
L’autre face du feuillet est recouverte d’une enluminure représentant le prophète Daniel. Bien qu’elle soit illisible à l’œil nu, les scientifiques espèrent accéder à ces écrits grâce aux avancées technologiques en imagerie. Toutefois, deux pages manquent encore pour compléter le manuscrit originel.
Cette redécouverte est un pas important vers une meilleure compréhension des travaux d’Archimède, dont l’influence sur la science et les mathématiques reste inestimable.
Article initialement publié le 19/03/2026



