Difficile de lutter contre un projet vendu comme écolo : un écoquartier menace des terres agricoles
Taverny (Val-d’Oise), reportage
À Taverny, dans le Val-d’Oise, un collectif d’habitants s’oppose à la création d’un écoquartier, projet qui menace 16 hectares de terres agricoles. La municipalité prévoit la construction de 1 000 logements sur la plaine des Écouardes, actuellement en friche. Les membres du collectif, Taverny-sur-Terre, affirment que ce projet met en péril un écosystème local qu’ils jugent fertile.
Vincent Houillon, enseignant en philosophie, souligne l’importance de la parcelle agricole où ils ont cultivé des pommes de terre et planté des arbres fruitiers. Selon lui, ces actions visent à contrer l’argument de la municipalité qui prétend que les terres sont polluées et non cultivables.
Florence Portelli, la maire de Taverny, défend le projet en affirmant que les terres concernées étaient précédemment utilisées pour des cultures céréalières intensives, entraînant une pollution des sols. Elle insiste sur le besoin de logements dans la commune et évoque un écoquartier intégré à un projet plus large de développement urbain.
Cependant, les membres du collectif affirment que les plantations réalisées démontrent la viabilité des terres. Ils ont même engagé des actions juridiques pour contester la création de la zone d’aménagement concerté (ZAC) et la déclaration d’utilité publique du projet, jugée caduque.
Grand Paris Aménagement, la société chargée du projet, a annoncé des initiatives telles qu’un maraîchage bio de 16 hectares, mais les habitants demeurent sceptiques quant à la réalisation de ces promesses. Ils soulignent que l’argumentation de l’écoquartier pourrait servir à justifier l’artificialisation des sols.
Le débat autour de ce projet met en lumière un phénomène plus large : l’utilisation du label écoquartier, introduit en 2007, qui, selon certains chercheurs, pourrait verdir des projets d’expansion urbaine sans véritable impact positif sur l’environnement.
Entre les enjeux écologiques et les conséquences humaines, notamment l’expropriation d’une communauté de gens du voyage, le collectif de Taverny-sur-Terre se retrouve confronté à une lutte difficile. Ils reconnaissent que s’opposer à un projet présenté comme écolo est un défi dans le contexte actuel du capitalisme urbain.
Source : Reporterre



