Piratage des impôts : un mail d’avertissement truffé d’incohérences
La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a récemment communiqué sur le mail d’avertissement destiné aux 350 000 particuliers affectés par la cyberattaque du fisc. Dans une première version, le message contenait une incohérence préoccupante en matière de cybersécurité, pouvant potentiellement inciter les cybercriminels à exploiter la situation. L’administration a également confirmé que les hackers avaient eu accès à des échanges via la messagerie impots.gouv, tout en précisant que les identifiants de connexion n’avaient pas été compromis.
Un contexte alarmant
La DGFiP a révélé que 350 000 particuliers avaient vu leurs données compromises lors de cette cyberattaque. Ce chiffre est en baisse par rapport aux 678 000 victimes initialement évoquées, ce dernier englobant un grand nombre d’entreprises. Lors d’un point presse, Amélie Verdier, directrice générale des Finances publiques, a détaillé les types de données volées, incluant l’identifiant fiscal, l’état civil, les coordonnées complètes, ainsi que des informations fiscales précises.
Les données affectées
Les informations compromises comprennent l’identifiant fiscal, l’état civil, les coordonnées complètes, et des détails sur la situation fiscale, tels que le nombre de parts et le revenu fiscal de référence. Pour la première fois, il a été confirmé que les hackers avaient accès à des échanges entre contribuables et agents de l’administration fiscale. Cependant, l’accès aux déclarations ou avis d’impôt a été exclu, car le mot de passe de l’espace finances publiques n’a pas été compromis.
Une incohérence dans la communication
Dans le mail d’avertissement, la DGFiP a d’abord précisé qu’elle ne demandait jamais de cliquer sur un lien dans un mail, afin de prévenir les risques de phishing. Cependant, le message contenait un lien vers une FAQ sur l’incident, créant ainsi une incohérence. Cette version du mail n’a finalement pas été envoyée, l’administration ayant rapidement corrigé l’erreur.
Audit et mes gouvernementales
Face à la controverse, le gouvernement a ordonné un audit approfondi par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) pour déterminer les causes de cette violation de données. Le Premier ministre a également appelé à une accélération des mes de sécurité des systèmes d’information de l’État pour éviter de futures fuites.
Retard dans l’annonce
Il est à noter que 48 jours se sont écoulés entre l’intrusion et l’annonce officielle de la cyberattaque, soulevant des interrogations sur la réactivité de l’administration fiscale. La vice-présidente de l’Assemblée nationale, Marie-Agnès Poussier-Winsback, a qualifié cette cellule de crise de « nécessaire mais insuffisante », soulignant que la réponse ne correspondait pas à la gravité de la situation.
Source : 01net



