Une vie détruite, c’est plus qu’atroce

Eric Belletto, horticulteur de père en fils depuis cinq générations, a vu ses 10 serres dévastées lors du violent orage de grêle qui a touché Marseille le 25 juillet dernier. Sans assurance, l’agriculteur s’apprête à déposer le bilan.

« C’est une des dernières serres que j’ai faite avec mon père, et voilà ce qu’il en reste. Il n’en reste plus rien« , déclare Eric Belletto, la voix chevrotante, alors qu’il déambule entre les débris de son exploitation dans le quartier de Saint-Barnabé à Marseille. Le violent orage de grêle du 25 juillet a réduit en miettes les vitres de ses cinq hectares de serres.

En l’espace de quelques minutes, l’horticulteur a vu sa vie basculer : « J’étais dans la serre principale. J’ai eu la chance de pouvoir rentrer dans mon bureau pour m’abriter. J’avais un ouvrier avec moi qui a pu s’abriter aussi« . Hervé Amar, un ami de longue date, témoigne de la catastrophe : « Toute une vie détruite, c’est plus qu’atroce. C’est vraiment ce qui les maintenait en vie, comme n’importe quel agriculteur ou viticulteur, qui est là pour sa terre« .

Depuis 50 ans, cette exploitation horticole vendait des plantes variées sur les marchés de la région. En 2000, un précédent orage de grêle avait déjà causé des dommages importants. Cette fois-ci, Eric Belletto ne se relèvera pas : après avoir fait intervenir un huissier, il s’apprête à déposer le bilan, faute d’assurance. « Je n’ai jamais été assuré pour ça, et puis c’est une assurance qui coûtait trop cher aussi« , explique-t-il. Le coût de l’assurance pour la grêle s’élevait à 15 000 euros par an.

Son entreprise, qui employait deux salariés et deux saisonniers, ne pourra pas faire face à cette épreuve. La situation soulève des questions sur la protection des agriculteurs face aux aléas climatiques, un sujet d’actualité alors que les événements météorologiques extrêmes se multiplient.

Source : France 3 Provence-Alpes

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