ENTRETIEN.

Le marché du vrac en France : une stabilisation prometteuse

Le marché du vrac en France connaît une stabilisation de son modèle économique, malgré des volumes encore modestes. Un décret récent impose des objectifs précis aux grandes surfaces pour étendre cette offre, soulevant des questions sur l’avenir du secteur. Célia Rennesson, fondatrice et directrice générale du réseau vrac et réemploi, partage son expertise sur ce marché en pleine expansion.

En 2025, les commerces spécialisés à 100 % dans le vrac affichent une stabilisation. Après un ralentissement post-Covid, ceux qui sont encore en activité ont réussi à établir leur modèle économique, leur clientèle et leurs fournisseurs. Selon les données de 2025, la vente de produits vrac (hors fruits et légumes) a généré 660 millions d’euros, répartis comme suit : 25 % provenant des magasins spécialisés, 60 % des magasins bio et 15 % des grandes et moyennes surfaces.

Malgré ces chiffres, le vrac représente moins de 1 % de la consommation alimentaire globale en France. Pour augmenter cette part, plusieurs leviers sont à envisager, notamment l’application de la loi Climat et Résilience, promulguée en 2021. Celle-ci prévoit un objectif de 20 % de vrac dans les magasins de plus de 400 mètres carrés. Cependant, les mes de mise en œuvre peinent à se concrétiser.

Le plan plastique récemment introduit par le gouvernement vise à réduire, réemployer et recycler les emballages. Son premier volet remet en avant le vrac comme solution pour limiter l’utilisation de plastiques, à condition que les consommateurs adoptent l’usage de contenants réutilisables.

Actuellement, environ 800 épiceries 100 % vrac existent en France, un chiffre en progression par rapport à 2015, où aucune n’était répertoriée. Cette consommation est qualifiée d’« aboutie », car elle requiert une démarche intellectuelle de la part des clients, qui doivent s’habituer à faire leurs courses en vrac.

Bien que l’achat en vrac nécessite une certaine organisation, Célia Rennesson souligne que cela devient plus simple une fois le pli pris. Par ailleurs, le prix des produits en vrac peut varier ; il est essentiel de comparer le prix au kilo, car le vrac offre une gamme de produits allant du premier prix aux options bio.

Acheter en vrac présente plusieurs avantages : cela permet de réduire le gaspillage alimentaire, de faire des économies et d’éviter les emballages plastiques en utilisant des bocaux en verre. Ces facteurs pourraient contribuer à une augmentation de l’acceptation et de l’utilisation du vrac dans les habitudes de consommation.

Source : Célia Rennesson, fondatrice et directrice générale du réseau vrac et réemploi.

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