Hébergement de salariés dans des conteneurs militaires : la préfecture ferme, le patron se défend d’être « un marchand de sommeil »
Le 20 juillet, lors d’une visite d’inspection à Landébia (22), l’Inspection du travail a découvert huit conteneurs militaires transformés en chambres à coucher, abritant un travailleur étranger. Ces structures, positionnées sur deux niveaux et reliées par un escalier métallique, sont situées derrière un hangar en face d’une usine d’emballages en bois.
Quatre jours après cette découverte, un rapport de l’Inspection du travail a révélé plusieurs manquements à la réglementation, notamment des surfaces habitables non conformes, avec une hauteur de 1,75 m, l’absence de système d’aération et de fenêtres, ainsi que des sanitaires jugés insuffisants. Le rapport a également souligné qu’il est interdit d’héberger des travailleurs dans des locaux destinés à un usage industriel ou commercial.
Bien que ce rapport n’ait pas conduit à un signalement au parquet de Saint-Brieuc, la préfecture a réagi en prenant un arrêté le 4 août, ordonnant la fermeture de l’hébergement et demandant à l’entreprise de reloger le travailleur.
L’employeur a contesté cette décision, affirmant qu’il n’est pas un « marchand de sommeil » et qu’il souhaite prouver que les conditions de vie de ses salariés ne sont pas insalubres. Il a fait appel à un huissier de justice pour vérifier l’état des lieux.
Le patron a précisé que ces shelters, utilisés par l’armée française et l’OTAN, étaient conçus pour résister à des conditions extrêmes et qu’ils avaient été acquis pour protéger ses salariés des variations de température. Il a également mentionné que ces conteneurs, achetés d’occasion il y a trois ans, sont souvent une solution transitoire pour les travailleurs d’origine ukrainienne.
Sous le hangar, un bloc sanitaire a été aménagé, et un réfectoire à proximité offre divers équipements. Le loyer pour ces hébergements est fixé à 100 €, charges comprises. Le chef d’entreprise a exprimé son regret face à la décision préfectorale, la qualifiant d’instruction basée sur une méconnaissance des qualités des matériels utilisés, et il prévoit de formuler un recours.
Source : Le Télégramme



