La free-party, c’est un mouvement qu’on ne peut pas tuer

À Toulouse, la scène électronique alternative se mobilise contre le projet de loi Ripost, qui durcit les sanctions envers les rassemblements musicaux non déclarés. Le samedi 13 juin, une « Manifestive » partira de la place Arnaud-Bernard à 14 heures pour dénoncer ce texte, perçu comme une menace pour l’avenir des free parties. Aski, un habitué de ces « fêtes libres », appelle à dépasser les idées reçues qui entourent ce mouvement, actif depuis plus de trente ans.

Le projet de loi Ripost, adopté le 26 mai au Sénat, vise à « offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité des concitoyens ». Il devrait être réexaminé par l’Assemblée nationale d’ici cet été. Des mobilisations similaires se déroulent dans d’autres grandes villes de France.

Les sanctions prévues par le texte sont particulièrement sévères. Les organisateurs de free parties pourraient encourir jusqu’à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende, ainsi que la confiscation de leur véhicule et le retrait de leur permis de conduire. Les participants risqueraient jusqu’à six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende. De plus, le seuil de participants à partir duquel une déclaration préalable devient obligatoire serait abaissé de 500 à 250.

Cette évolution législative intervient après le Teknival de Bourges, qui a rassemblé près de 20 000 personnes. Aski, membre d’un sound system et participant régulier à des événements à travers l’Europe, souligne que la mobilisation vise à défendre une culture fondée sur le partage, la tolérance et l’autogestion. Il insiste sur la nécessité de casser les préjugés et de montrer que les teufers ne sont pas dangereux.

Le mouvement des free parties, qui a émergé en France au début des années 1990, continue de se développer malgré une pression policière croissante. Aski dénonce les caricatures qui entourent les participants, souvent perçus comme des militants d’extrême gauche ou des profiteurs du système. Il affirme que les nuisances sont exagérées et que la plupart des événements se déroulent loin des habitations, minimisant ainsi l’impact sonore.

Le projet de loi Ripost est perçu comme une tentative de criminalisation, notamment en raison de l’abaissement du seuil de participants. Aski as que « la fête libre, c’est un mouvement qu’on ne peut pas tuer », soulignant que les free parties existent depuis des décennies et peuvent s’adapter à des contextes socio-politiques variés.

Les critiques à l’égard de ce mouvement reposent souvent sur une méconnaissance du milieu. Une communication claire entre les participants et le grand public est jugée essentielle pour dissiper les idées reçues.

Source : La Dépêche

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