Les actrices des luttes anticoloniales : l’impératrice Taytu d’Éthiopie
Bien que l’Éthiopie soit demeurée indépendante, elle a frôlé le joug colonial italien à la fin du 19e siècle. Rome, ayant pris le contrôle de l’Érythrée, cherchait à étendre son influence dans la Corne de l’Afrique. Cependant, le pays ne parvint jamais à s’implanter en Éthiopie, sauf pendant l’occupation italienne de 1935 à 1941 sous Benito Mussolini. L’empereur éthiopien Ménélik II, symbole de la lutte contre la colonisation, a souvent éclipsé le rôle déterminant de son épouse, l’impératrice Taytu Betul.
À Addis-Abeba, Bezawit observe la statue de l’empereur Ménélik II sur l’esplanade du musée d’Adwa, où l’impératrice Taytu est également représentée. Selon Tigist Angasu, guide au musée, « pendant le siège de Mekelle, Taytu a coupé l’approvisionnement en eau, rendant l’accès difficile pour les Italiens. Après six jours de siège, les forces italiennes ont capitulé. »
L’importance de Taytu dans cet épisode de l’invasion italienne de janvier 1896 est méconnue par certains, comme le confie Bezawit : « J’ai entendu parler de son engagement envers les femmes et de son statut d’héroïne, mais mes connaissances restent limitées. » L’anthropologue Alula Pankhurst souligne que Taytu a contribué à l’échec italien en Éthiopie, avertissant son mari des intentions des Européens.
Son rôle lors de la bataille d’Adwa, qui a conduit à la défaite italienne le 1er mars 1896, fut crucial. Elle a formé un bataillon de femmes et a participé activement aux soins médicaux après la bataille, permettant ainsi à l’Éthiopie de conserver son indépendance alors que d’autres pays africains étaient colonisés. De plus, en 1886, Taytu a été à l’origine du nom d’Addis-Abeba, signifiant « Nouvelle Fleur » en amharique.
(Source : RFI)



