Rognac : Inquiétudes après un troisième incendie sur un site industriel
Après un troisième incendie en l’espace d’un mois et demi sur le site d’une ancienne imprimerie à Rognac, des habitants s’inquiètent du silence des pouvoirs publics et craignent des conséquences sur leur santé.
Des habitants de Rognac et des environs se demandent s’ils ont inhalé des gaz toxiques à leur insu. Cette préoccupation grandit après un incendie survenu dans la nuit du 14 au 15 août sur le site de l’ex-imprimerie Rockson, situé le long de la route D113, aujourd’hui inoccupé. Ce sinistre est le troisième à frapper ce site en un mois et demi.
Cette série d’incendies suscite des inquiétudes croissantes parmi les riverains, notamment Stéphanie Bulon-Baills, qui gère un refuge pour animaux à proximité. Elle a adressé plusieurs courriers à la mairie, demandant des mes de débroussaillement pour prévenir la propagation des flammes. « J’ai envoyé un courrier recommandé il y a quinze jours et je prévois d’en renvoyer un cette semaine. Je paie pour leur écrire, mais je n’ai aucune réponse », déplore-t-elle.
Des témoignages sur les réseaux sociaux révèlent que des produits chimiques auraient été laissés à l’abandon par l’ancien exploitant. Lors du dernier incendie, plusieurs riverains ont signalé une odeur de chlore dans l’air. Ces préoccupations ont été corroborées par des révélations d’un média d’investigation local, Marsactu, indiquant que le site abritait, avant le second incendie, 140 cuves d’un millier de litres chacune, contenant principalement de l’encre et des solvants.
La Direction de la Citoyenneté, de la légalité et de l’Environnement (DCLE) a confirmé que ces déchets industriels représentent un risque. Dans un arrêté préfectoral daté du 6 août, il est précisé que l’incendie pourrait avoir causé une dispersion de substances potentiellement polluantes.
À la suite d’une visite en 2025, la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (Dreal) a estimé qu’il y avait entre 40 000 et 50 000 litres de résidus d’encre et de solvants sur le site. Après les récents incendies, la nature exacte des produits chimiques restants demeure inconnue. Jean Sansone, président de SOS Corruption 13, souligne : « C’est le principal problème, personne ne veut dire exactement les produits qui se trouvaient dans cet entrepôt, ni parler de leur potentielle nocivité. »
Les autorités compétentes, dont la Dreal, ont prévu une action sur site pour évaluer les matières potentiellement dangereuses qui auraient pu être libérées dans l’air.
Les riverains s’interrogent également sur la responsabilité des autorités. Stéphanie Bulon-Baills évoque des soupçons de criminalité, tandis que des questions subsistent quant à la gestion des déchets sur le site.
Le coût d’élimination des produits encore présents sur le site est estimé à 126 000 euros, une somme demandée à l’ancien exploitant, qui a déclaré ne pas avoir les fonds nécessaires. Le site appartient désormais à un nouveau propriétaire.
En attendant que la situation soit clarifiée, l’absence de communication des pouvoirs publics suscite des inquiétudes. Le maire de Rognac, Christophe Gonzalez, a déclaré que les services de l’État suivent la situation, mais n’ont pas identifié de risques nécessitant une alerte à la population.
Source : France 3 Provence-Alpes, Marsactu



