Sport : ce que trois minutes d’effort intense provoquent dans votre corps

Trois minutes d’effort intense : une réponse moléculaire significative dans le corps

Des chercheurs de l’université Rockefeller à New York ont récemment révélé que quelques minutes de sprint peuvent provoquer des changements moléculaires importants dans l’organisme. Selon leur étude, publiée le 13 août dans la revue Cell Reports Medicine, l’exercice intense modifie bien plus de protéines que l’effort modéré.

L’étude a comparé différentes intensités d’exercice pour observer leur impact sur les réactions biologiques, en particulier celles liées aux protéines. Les scientifiques ont mesuré les changements dans le sang après divers exercices.

Les résultats montrent que six séries de sprints de 30 secondes à intensité maximale, totalisant trois minutes d’exercice, entraînaient des modifications sur près d’un quart des protéines mesurées immédiatement après l’effort. En comparaison, une séance de 90 minutes de cyclisme modéré en modifiait moins de 0,25 %. La course modérée sur tapis a également montré une augmentation des protéines, mais de manière inférieure à celle observée après les sprints.

Concrètement, le sprint a entraîné des modifications touchant plus de 200 métabolites et a provoqué une augmentation immédiate de protéines impliquées dans la croissance des vaisseaux sanguins, le remodelage tissulaire et la signalisation hormonale. Les cellules adipeuses ont également montré des variations dans leur manière de brûler l’énergie et de réagir aux hormones.

Protéines et santé cardiovasculaire

La réponse à l’exercice modéré était moins marquée. Une augmentation significative des acides gras et des protéines hépatiques, caractéristiques d’un exercice d’endurance, n’a été observée que trois heures après l’effort. Les cellules adipeuses, après une séance de cyclisme modéré, n’ont montré que des modifications mineures de leur activité génique.

En outre, les chercheurs ont utilisé des données provenant de plus de 53 000 personnes issues de la UK Biobank pour établir un lien entre ces protéines sensibles à l’effort et un risque réduit de maladies cardiovasculaires et métaboliques. Sur les 33 protéines associées à une réduction du risque, 32 étaient modifiées par le sprint, tandis que seulement trois l’étaient par l’exercice modéré.

Le Dr Paul Cohen, auteur principal de l’étude, a déclaré : « Ce qui est passionnant, c’est que quelques minutes d’exercice intense suffisent à déclencher une réponse moléculaire significative. Nous observons habituellement ce phénomène après huit semaines d’entraînement, ce qui indique que cette réponse ne résulte pas simplement d’une difficulté de l’organisme à s’adapter à un stress inhabituel. »

Source : Université Rockefeller, Cell Reports Medicine

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