Odeurs d’égout à Nice : pourquoi l’air est devenu nauséabond dans plusieurs quartiers et comment la Métropole réagit

Odeurs d’égout à Nice : l’air devient nauséabond dans plusieurs quartiers

L’air est devenu nauséabond dans plusieurs secteurs de Nice. Des effluves d’égout perturbent le quotidien des Niçois. Dans le quartier Pasteur, au 17 avenue Joseph-Raybaud, Joce, résident depuis vingt-six ans au rez-de-chaussée, témoigne : « Ça sent l’œuf pourri. C’est surtout en fin d’après-midi vers 17 heures où tout refoule. Je n’arrive même plus à ouvrir la fenêtre. » À quelques mètres, Sébastien, employé d’un magasin d’électricité, ajoute : « Quand on ouvre la porte du local, il y a parfois des remontées. » Emirco, habitant du quartier, confirme : « Quand je passe par ici, ça sent mauvais presque tout le temps. »

Ce constat odorant s’étend bien au-delà de Pasteur. Boulevard de Cessole, David, habitant, dénonce « une situation devenue inacceptable ». Monique, résidente de la rue Fodéré, réclame « des explications et surtout des solutions », tandis qu’André, mitoyen du jardin Alsace-Lorraine, juge « la situation préoccupante ». Camille, habitante de Nice-Est, déplore : « On a vraiment l’impression que ça se dégrade. »

Cette crise olfactive a des répercussions politiques. Julien Picot, conseiller municipal (PCF), exige un « diagnostic public, transparent et accessible aux habitants, quartier par quartier » du réseau d’assainissement.

« Cette chaleur accélère la fermentation »

Hervé Paul, président de la régie Eau d’azur, explique que la situation découle d’un été exceptionnel : « En juillet, le mois le plus chaud jamais enregistré, la température nocturne n’est pas descendue, ce qui a fait grimper la température des effluents à 27 °C (2 °C au-dessus de la normale). Cette chaleur accélère de manière non linéaire la fermentation et la création de gaz H₂S » (hydrogène sulfuré).

Le président de la régie affirme être « pleinement mobilisé ». Il détaille les mes préventives prises par ses équipes : « Injection de grandes quantités de nitrate de calcium et de chlorure ferreux dans les stations de relevage, installation de clapets anti-remontées d’odeurs et tournées pour remplir d’eau les siphons de chaussée asséchés. » De plus, « quinze capteurs d’odeurs sont installés pour mer l’hydrogène sulfuré le long du collecteur principal », entre le port et la station Haliotis.

Un « jury de nez »

En parallèle des dispositifs techniques, Eau d’azur s’appuie sur « une initiative collaborative humaine : le jury de nez ». Ce groupe est composé de riverains volontaires habitant à proximité directe de la station d’épuration Haliotis. Spécialement formés à la reconnaissance olfactive, ces citoyens ont pour mission de qualifier précisément les émanations qu’ils ressentent au quotidien. Leur expertise permet de faire la différence entre des odeurs d’égout classiques et des odeurs chimiques de soude ou d’eau de Javel.

« 19,4 millions d’euros programmés pour 2027 et 2028 »

La polémique politique s’est également concentrée sur le niveau d’investissement de la Métropole. Julien Picot (PCF) accuse Éric Ciotti, président (UDR) de la Métropole, d’imposer des « mes antisociales au nom de l’austérité au détriment des infrastructures ». Hervé Paul contredit ces accusations : « 170 millions d’euros ont été investis pour l’assainissement à Nice depuis 2008. En 2026, cette enveloppe est de 8,9 millions d’euros, et 19,4 millions d’euros sont programmés pour 2027 et 2028. »

Pour mieux gérer cette problématique d’odeurs nauséabondes, la régie invite les habitants à « signaler en temps réel tout dysfonctionnement au 3906 (Allô Mairie) pour permettre une intervention rapide de ses agents ».

Source : Nice Matin

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