En traçant des frontières, nous fragmentons les habitats du vivant
De l’échelle des jardins à celle des nations, l’humanité continue d’ériger des murs. Cependant, dans le monde vivant, les frontières se caractérisent principalement par leur porosité. C’est ce que souligne Jérôme Sueur, professeur au Muséum national d’histoire naturelle et spécialiste de l’écoacoustique. Dans son ouvrage Frontières vivantes, de la porosité du monde, des cellules aux écosystèmes, publié aux éditions Actes Sud, il remet en question notre perception des frontières. Selon lui, l’opposition artificielle aux mouvements entraîne « la suffocation et l’écroulement » des écosystèmes.
Contexte factuel
Jérôme Sueur évoque un besoin d’élargir son regard au-delà de son domaine d’expertise, en s’intéressant aux lisières forestières et à leurs fonctions dans le vivant. Il établit un parallèle entre ces lisières et d’autres types de frontières, qu’elles soient biologiques ou géographiques. Les frontières, dans le monde naturel, ne sont pas des barrières rigides, mais des zones de rencontre et de passage.
Données ou statistiques
Actuellement, plus de 70 murs hermétiques existent à travers le monde, représentant 10% des frontières mondiales. Un exemple marquant est le mur de 3 200 km construit entre les États-Unis et le Mexique, qui bloque près de 2 000 espèces de plantes et d’animaux, compromettant ainsi la biodiversité locale.
Conséquence directe
La fragmentation des habitats due à ces frontières artificielles a des répercussions non seulement sur les écosystèmes, mais aussi sur les populations humaines, exacerbant les crises migratoires et environnementales.
Source : Reporterre



