Sur l’île d’Oléron, les millions obtenus d'Airbnb financent le retour des locations à l’année

Sur l’île d’Oléron, les millions d’Airbnb financent le retour des locations à l’année

Après l’effervescence estivale, l’île d’Oléron, située en Charente-Maritime, voit ses volets se refermer progressivement. Avec 61 % de ses logements classés en résidences secondaires, environ 20 000 maisons resteront inoccupées durant les mois à venir, tandis que les familles et travailleurs permanents peinent à trouver un logement.

Pour pallier cette situation, la communauté de communes a instauré une « prime à la conversion » destinée à encourager les propriétaires de biens vacants ou de meublés touristiques à les transformer en locations à l’année. Cette prime varie entre 5 000 et 10 000 euros, en fonction de la superficie du logement.

Les conditions d’éligibilité sont strictes : un bail de quatre ans minimum doit être signé ou renouvelé, le logement doit avoir un diagnostic de performance énergétique noté entre A et E, et la prime est versée progressivement, devant être remboursée intégralement en cas de non-respect des engagements.

Jean-Marc Auzanneau, propriétaire d’une maison à Saint-Pierre, souligne l’importance de cette initiative : « C’est une très bonne idée cette prime, elle permet de payer certains frais ». En deux jours, il a trouvé des locataires, un couple travaillant au centre hospitalier de Saint-Pierre-d’Oléron, et a déjà reçu une première partie de la prime, s’élevant à plus de 7 000 euros.

Multiples avantages

Michel Parent, président de la communauté de communes, qualifie cette initiative de « gagnant-gagnant ». Depuis son lancement début 2026, plus de 40 logements ont été convertis, et il espère que d’ici quelques années, 200 à 300 biens supplémentaires seront remis sur le marché locatif standard.

« C’est une réponse immédiate à la crise du logement, qui utilise l’existant sans empiéter sur les terrains constructibles », précise-t-il.

L’île d’Oléron n’est pas la première à adopter ce type d’aide, mais elle se distingue par son financement. La communauté de communes a récupéré plus de 9 millions d’euros de la part de plateformes comme Leboncoin, Airbnb et Booking, qui ne collectaient pas la taxe de séjour. L’île a mené un combat judiciaire pour obtenir ces fonds.

Des émules

D’autres territoires, comme la commune des Sables-d’Olonne, ont également lancé des initiatives similaires. Le plan « Louez à l’année ! » a été mis en place dès 2022, visant à convertir des logements tout en améliorant leur performance énergétique. Ce programme, coûtant 2,5 millions d’euros par an, est complété par des mes coercitives, telles que l’augmentation de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires.

Le maire des Sables-d’Olonne, Nicolas Chénéchaud, indique que plus de 2 000 logements ont été transformés en résidences principales, une évolution corroborée par l’Insee, qui a enregistré une baisse de la part des résidences secondaires de 39,6 % à 35,3 % entre 2017 et 2023.

Ces dispositifs, selon Didier Le Bras, directeur de l’Agence départementale d’information sur le logement en Vendée, représentent des leviers puissants, mais nécessitent un équilibre entre incitations et contraintes pour éviter les abus.

Des communes comme l’île d’Yeu et Saint-Hilaire-de-Riez explorent également des approches similaires, témoignant d’un intérêt croissant pour ces mes à travers le pays.

Source : Alternatives Économiques

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