Pas évident de promouvoir un sport quand on n’a pas les infrastructures
Le beach tennis, discipline gérée par la Fédération française de tennis (FFT), cherche à gagner en visibilité tant en France qu’à l’international. Cependant, il doit composer avec une contrainte majeure : l’ombre du tennis, qui capte une part significative des revenus et de l’attention médiatique. L’organisation des championnats de France interclubs à Saint-Georges de Didonne, prévus les 17 et 18 août, représente une opportunité pour la FFT de mettre en avant l’expansion de ce sport.
Le beach tennis est souvent comparé à d’autres disciplines émergentes, comme le futsal, également sous l’égide d’une fédération nationale. Depuis 2008, le beach tennis fait partie des sports gérés par la FFT. Bien que le tennis demeure le sport dominant, le padel connaît une croissance rapide, que le beach tennis aspire à imiter. En juin 2026, la France comptait plus de 28 000 pratiquants de beach tennis, un chiffre bien inférieur aux 1 280 535 licenciés au tennis et aux 134 000 au padel.
La France se distingue comme l’un des pays forts du beach tennis, avec une médaille de bronze obtenue lors des derniers championnats du monde. Cependant, la discipline souffre de la prévalence du tennis, qui entraîne une concurrence accrue pour l’attention des médias et des sponsors. Les similitudes entre les deux sports, notamment la variété des tournois, n’effacent pas les différences fondamentales, telles que la surface de jeu et le format de compétition, le beach tennis se jouant exclusivement en double.
« On aurait aimé un développement plus exponentiel »
À 33 ans et fort de plus de 40 titres internationaux, Théo Irigaray, double médaillé de bronze mondial, a observé l’évolution de sa discipline, devenue professionnelle après la pandémie de Covid-19. Il note une montée de la compétitivité, au détriment de l’aspect convivial qui caractérisait autrefois le sport.
Pour maintenir la France parmi les nations influentes, la FFT a mis en place des initiatives visant à développer le beach tennis. Actuellement, près de 400 compétitions sont organisées dans l’Hexagone, dont de nombreuses lors des « Summer Tour » estivaux. Toutefois, la saisonnalité du sport limite son développement.
Théo Irigaray souligne que de plus en plus de clubs de tennis investissent dans des terrains de beach tennis, mais il reste encore un long chemin à parcourir. « Il n’y a pas encore assez de structures, ni assez de personnes qui jouent pour que le sport prenne de l’ampleur », déclare-t-il.
S’émanciper ou patienter
Au niveau international, la Fédération internationale de tennis (ITF) gère également le circuit de beach tennis, avec l’objectif d’accroître les prize-money et de s’implanter dans diverses régions. Cependant, les joueurs expriment des frustrations quant à un manque de soutien. « On aimerait bien que ça avance plus vite, quelques fois », confie Irigaray.
Une discussion sur l’éventualité de créer une fédération indépendante pour le beach tennis a été envisagée, mais les implications financières et structurelles d’une telle décision sont complexes. Actuellement, peu de joueurs vivent exclusivement de leur discipline, et seuls les 30 meilleurs parviennent à en tirer un revenu suffisant.
Le beach bientôt sport olympique?
Le beach tennis aspire à se développer sur tous les continents, avec une multiplication des tournois. À long terme, l’intégration du beach tennis dans le programme olympique pourrait être envisageable, mais des efforts de développement restent nécessaires, notamment en Asie et aux États-Unis, où le sport pourrait bénéficier d’un soutien accru.
Dans l’attente de ce développement, le beach tennis continue d’évoluer, espérant un jour se libérer de l’emprise du tennis pour trouver sa propre voie.
Source : RMC Sport



