Piratage et vol de données du fisc: ce que l'on sait | LCP

Piratage et vol de données du fisc : ce que l’on sait

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a convoqué une cellule interministérielle de crise (CIC) pour ce lundi après-midi, suite à un piratage informatique à grande échelle ayant ciblé l’administration fiscale. Ce vol de données a été rendu public le 13 août, suscitant des préoccupations majeures.

Que s’est-il passé ?

Fin juin, le système d’information du fisc a subi un « accès illégitime », permettant la consultation et l’extraction de données personnelles de particuliers et de professionnels. En tout, 678.000 usagers sont concernés par cette cyberattaque, jugée « plus sophistiquée » que celles précédemment enregistrées. En juin, une compromission du compte d’un agent avait été détectée, entraînant une coupure immédiate des accès, sans que l’administration ne réalise à ce moment que des données avaient été extraites.

L’assaillant a contourné la double authentification, une me de sécurité essentielle, et a réussi à récupérer un volume considérable de données sans provoquer d’activité anormale. Il n’a été identifié qu’au moment de la revendication de l’attaque, le 12 août. Une seconde attaque, survenue fin juillet, a également été confirmée, visant le Serveur professionnel de données cadastrales (SPDC) et touchant environ 200.000 comptes.

Quelles données ont été volées ?

Les informations dérobées incluent pour les particuliers : noms, prénoms, quotient familial, revenu fiscal de référence et taux de prélèvement à la source. Pour les entreprises, les données concernent principalement le numéro de Siren et l’adresse de l’entreprise. Le fisc a assuré que ces données ne permettent pas un accès aux comptes sécurisés sur impots.gouv.fr.

Qui est concerné ?

Les usagers concernés seront contactés cette semaine pour les informer des risques d’usurpation d’identité. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a demandé à la Direction générale des finances publiques (DGFiP) de communiquer individuellement avec chaque contribuable touché.

Quelles suites judiciaires ?

Bercy a notifié l’incident à la Commission nationale de l’Informatique et des Libertés (Cnil). Le syndicat Solidaires Finances Publiques a critiqué la communication jugée tardive. En outre, une enquête a été ouverte par la section cyber du parquet de Paris, confiée à l’Office anticybercriminalité (Ofac), portant sur l’extraction frauduleuse de données.

Et après ?

La réunion de crise de ce lundi vise à préparer l’information des 678.000 usagers touchés et à faire le point sur un plan de sécurisation des administrations. Les sénateurs socialistes ont également demandé une commission d’enquête parlementaire sur cette cyberattaque.

Cette situation relance le débat sur la sécurité des systèmes d’information de l’État, alors que des précédents incidents ont déjà mis en lumière la vulnérabilité des données administratives.

Source : LCP

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