14000 sidérurgistes allemands en colère contre le gouvernement fédéral accusé de liquider la décarbonation de l'acier

14 000 sidérurgistes allemands en colère contre le gouvernement

À l’appel du syndicat IG Metall, 14 000 sidérurgistes et leurs familles se sont rassemblés le 12 juin 2026 à Völklingen, en Sarre, où se situe le siège de la Stahl Holding Saar (SHS). Ils critiquent la politique du gouvernement allemand concernant la décarbonation de l’industrie, estimant qu’elle pourrait compromettre la transition vers l’hydrogène de leurs aciéries.

Trois trains chargés d’ouvriers, des dizaines de bus et des engins lourds ont conduit ces manifestants à faire entendre leur voix. Ils jugent que les décisions du gouvernement mettent en péril la continuité de leur activité. Le syndicat IG Metall a exprimé des préoccupations face à un changement de cap du gouvernement, qui envisage de prolonger les quotas de CO2 au-delà du calendrier initial.

Ces droits à polluer, appliqués à chaque tonne d’acier produite, sont censés favoriser la décarbonation. Cependant, la prolongation des quotas gratuits pourrait nuire à des entreprises comme SHS, qui investissent dans le remplacement de leurs installations au charbon par des aciéries à hydrogène.

SHS a annoncé des investissements colossaux pour la conversion vers une production d’acier vert, estimés à environ 4,6 milliards d’euros, dont 2,6 milliards seraient financés par le gouvernement fédéral et l’État. Actuellement, SHS produit cinq millions de tonnes d’acier par an et prévoit d’éteindre ses hauts-fourneaux de Dillingen d’ici 2030, réduisant ses émissions de CO2 de 55 % d’ici 2030 et visant 80 % d’ici 2050.

Les sidérurgistes craignent que la volonté du gouvernement de baisser les prix de l’électricité pour les industriels ne compromette la rentabilité de leurs investissements. L’acier vert, plus coûteux à produire, et la disponibilité incertaine de l’hydrogène posent également des défis.

Antoine Krahn, membre du comité d’entreprise de la Dillinger Hütte et délégué IG Metall, a déclaré : « On ne peut pas faire marche arrière. Les travaux avancent, et nous serons prêts, mais il nous faut des débouchés pour nos produits. »

La sidérurgie en Sarre emploie directement 14 000 personnes, et le double en sous-traitance, dont 400 travailleurs frontaliers lorrains. IG Metall appelle le gouvernement à revoir sa politique pour soutenir les entreprises engagées dans la transition vers un acier décarboné, sans quoi SHS pourrait se retrouver dans une situation précaire.

Source : IG Metall

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *