Armand Duplantis champion d’Europe : l’étonnant rôle de ses parents dans son immense carrière
Il continue de voler plus haut que les autres. Ce dimanche 16 août, à Birmingham, Armand Duplantis a été sacré champion d’Europe du saut à la perche pour la quatrième fois consécutive. Le Suédois de 26 ans a franchi une barre à 6,15 mètres, battant ainsi le record des Championnats d’Europe qu’il avait lui-même établi deux ans auparavant. Cette nouvelle médaille porte à quatorze son nombre de titres internationaux chez les seniors. Derrière l’impressionnante régularité de « Mondo » se cache une aventure profondément familiale. Depuis ses premiers sauts dans le jardin de la maison de Lafayette, en Louisiane, le champion peut compter sur deux entraîneurs qui le connaissent mieux que personne : son père Greg et sa mère Helena.
Les parents d’Armand Duplantis sont aussi ses entraîneurs
Les premiers regards d’Armand Duplantis après un saut se tournent souvent vers eux. Greg et Helena Duplantis ne sont pas seulement présents dans les tribunes pour encourager leur fils : ils participent directement à sa préparation. Son père, Greg Duplantis, est un ancien perchiste américain dont le record personnel s’élève à 5,80 mètres. Il supervise principalement la partie technique, analyse la course d’élan de son fils et l’aide à choisir la perche la mieux adaptée. Sa mère, Helena, est une ancienne heptathlète et volleyeuse suédoise. Elle veille davantage à sa préparation physique, à son alimentation et à sa récupération.
Une répartition des rôles déjà bien établie lorsque le champion n’était encore qu’un adolescent. En 2018, Armand Duplantis expliquait à Digital Journal que sa mère assurait son entraînement physique quotidien, avant que son père prenne le relais lors des séances de saut à la perche. Avec les années et les records, cette confiance n’a pas disparu. « C’est une affaire de famille. Ma mère adore m’entraîner et j’adore qu’elle m’entraîne », confiait-il au Monde en 2024. Sur les questions techniques, le perchiste reconnaissait n’écouter qu’un cercle extrêmement restreint : « Sur ce sujet, je ne peux écouter que mes parents et Renaud (Lavillenie, l’ancien perchiste français, ndlr). »
Une piste de saut installée dans le jardin familial
L’histoire d’Armand Duplantis avec la perche a commencé loin des stades remplis de spectateurs. À Lafayette, ses parents avaient installé une véritable piste de saut dans le jardin familial. Le jeune garçon pouvait ainsi s’entraîner dès qu’il le souhaitait, mais surtout jouer et tenter de reproduire les gestes des champions qu’il admirait.
Greg et Helena Duplantis affirment ne pas avoir eu besoin de pousser leurs enfants vers le sport. Leur méthode consistait plutôt à leur donner les moyens d’essayer différentes disciplines, puis à les laisser choisir. « Ils n’ont jamais été directifs », racontait en 2022 à l’AFP Brennan Robideaux, réalisateur du documentaire Born to Fly, consacré au perchiste. Armand se révèle particulièrement doué. Dès l’enfance, il bat plusieurs records dans les catégories de jeunes. À 17 ans seulement, il franchit déjà 5,90 mètres. Mais ses parents veillent à ce que le plaisir reste au centre de sa pratique, malgré des performances de plus en plus impressionnantes.
Armand Duplantis a grandi dans une famille de sportifs
Armand Duplantis n’est pas le seul sportif de la famille. Il a grandi avec deux frères aînés, Andreas et Antoine, ainsi qu’une petite sœur, Johanna. Tous ont pratiqué un sport à un niveau élevé. Andreas s’est essayé au saut à la perche et a représenté la Suède lors de compétitions internationales chez les jeunes. Antoine a finalement choisi le baseball, discipline dans laquelle il s’est illustré au niveau universitaire américain. Johanna a, elle aussi, suivi la voie familiale en pratiquant la perche.
Pour « Mondo », grandir au milieu de cette fratrie a constitué un puissant moteur. Ses frères aînés lui ont offert ses premiers adversaires et lui ont donné envie de se dépasser. « Il ne serait pas aussi bon aujourd’hui s’il n’avait pas eu ses deux grands frères pour le pousser », estimait Brennan Robideaux auprès de l’AFP. Le futur champion était alors un enfant particulièrement énergique et mauvais perdant. Il vivait chaque réussite comme chaque déception avec une grande intensité. Cette envie de gagner, d’abord exprimée dans le jardin familial, ne l’a plus quitté.
Source : AFP



