Préserver l'eau potable : France Nature Environnement lance un recours contre l'État

Préservation de l’eau potable : France Nature Environnement lance un recours contre l’État

France Nature Environnement (FNE) et l’Association Citoyenne et Laïque des Consommateurs (ACLC) ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris. Ce recours vise à obliger l’État à respecter son devoir de protection de la ressource en eau potable, alors que la contamination des eaux par les pollutions agricoles pose des problèmes d’approvisionnement en eau de qualité.

Entre 1980 et 2025, 14 640 captages d’eau potable ont été fermés. Parmi ceux-ci, 41,6 % ont été abandonnés en raison de la dégradation de la qualité de la ressource, principalement à cause de teneurs excessives en nitrates et pesticides. La situation actuelle entraîne des coûts de dépollution élevés pour les consommateurs, estimés à 1,5 milliard d’euros par an, en raison des pollutions d’origine agricole.

Les pesticides, largement utilisés en agriculture conventionnelle, contaminent les ressources en eau. Selon des données récentes, 97 % des stations de surveillance de l’eau ont détecté des résidus de pesticides, avec des concentrations dépassant les normes dans près de 20 % des cas. En 2024, 19,2 millions de personnes ont été alimentées par de l’eau non conforme aux normes de qualité en matière de pesticides.

Le rapport de l’IGEDD-IGAS-CGAEER souligne les lacunes de la politique de l’État en matière de protection des captages d’eau. Bien que des outils existent pour protéger ces ressources, leur mise en œuvre reste insuffisante, souvent en raison d’un manque de volonté politique.

Face à cette situation, FNE et l’ACLC demandent à l’État de mettre en place des programmes de protection des captages, de garantir un meilleur accès à l’information sur la qualité de l’eau, et d’asr une réparation financière pour le préjudice écologique. En parallèle, des initiatives locales montrent qu’il est possible de stopper l’utilisation de pesticides dans les aires d’alimentation des captages en concertation avec les agriculteurs.

Ce recours s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupation pour la qualité de l’eau potable en France, et souligne l’importance d’une action rapide et efficace pour protéger cette ressource essentielle.

Source : France Nature Environnement

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