Les pèlerins malades attendent-ils vraiment un miracle à Lourdes ?
Dans le train pour le Pèlerinage national de l’Assomption entre Lyon et Marseille, des dizaines de personnes malades ou en situation de handicap s’apprêtent à embarquer dans un TGV spécialement affrété par l’association Notre-Dame-du-Salut. Ce pèlerinage, qui se déroule chaque année, attire un grand nombre de participants souhaitant se rendre à Lourdes, un lieu emblématique de foi et de guérison.
Sur le quai, Arlette, 88 ans, patiente dans un fauteuil roulant, entourée de son fils et de sa belle-fille. Elle a été encouragée à participer par sa médecin généraliste, Catherine Bernard de Villeneuve, bénévole dans l’association. « Je voulais simplement aller à Lourdes avant de mourir », confie-t-elle. Pour elle, ce voyage représente une chance de voir la Vierge Marie, une figure centrale de sa foi.
Le train spécial, qui compte 293 passagers, est conçu pour accueillir des personnes nécessitant des soins spécifiques. Ce pèlerinage est considéré comme le plus grand rassemblement de personnes non valides en France, ce qui rend la présence de médecins à bord indispensable.
Laurence, 59 ans, participe à son 23e pèlerinage. Elle évoque l’atmosphère unique de Lourdes : « On dirait qu’on est ailleurs. » Au total, 46 des passagers sont en situation d’invalidité totale, ce qui souligne l’importance de l’accessibilité et du soutien lors de cet événement.
Le pèlerinage est aussi un moment de retrouvailles. Selon Carole Bernard de Villeneuve, médecin urgentiste et bénévole, la plupart des pèlerins reviennent chaque année pour l’ambiance chaleureuse et conviviale. « Pendant sept jours, tout est tourné autour des personnes handicapées », explique-t-elle. À Lourdes, les infrastructures sont adaptées, permettant aux participants de se sentir au centre des attentions, un changement bienvenu par rapport à leur quotidien.
Concernant les miracles, Carole précise que peu de pèlerins espèrent réellement une guérison inattendue. « Certains y croient, mais au fond d’eux, je pense qu’il y a peu de gens qui espèrent une guérison inexpliquée. » Les histoires de guérisons sont prises au sérieux, avec des enquêtes menées par des professionnels de santé. Sur plus de 7.000 dossiers de guérisons déposés à Lourdes depuis les apparitions, 72 cas ont été reconnus miraculeux par l’Église catholique.
Chaque participant a ses propres raisons de faire ce pèlerinage. Michèle, 77 ans, atteint de la maladie de Parkinson, souhaite simplement « se balader un peu ». Chantal, 73 ans, y trouve un réconfort après la perte de son fils. Josie, 76 ans, y va en hommage à son mari décédé, tandis que Guillaume, 59 ans, sur le spectre de l’autisme, souhaite prier pour sa famille.
Ce pèlerinage révèle ainsi une diversité de motivations, allant de la quête spirituelle à la recherche de liens sociaux, dans un cadre où l’espoir et la solidarité se rencontrent.
Source : 20 Minutes.



