Combien valez-vous ? L'IA devient-elle le nouveau conseiller salarial des Français ?

Combien valez-vous ? L’IA devient-elle le nouveau conseiller salarial des Français ?

Face à la difficulté de chiffrer une augmentation de salaire, les Français cherchent de nouveaux repères. Selon un sondage How Much, seuls 19 % savent précisément combien réclamer. Et 33 % disent désormais s’appuyer sur une recherche en ligne ou une intelligence artificielle pour fixer leur montant.

Fixer son salaire reste un exercice largement approximatif. Selon une enquête publiée par How Much, seulement 19 % des Français ont déjà déterminé avec précision le montant qu’ils comptaient demander : 11 % en euros et 8 % sous forme de pourcentage. Pour les autres, la négociation débute souvent avec une estimation floue. Seize pour cent disposent d’une fourchette, 13 % ont réfléchi au sujet sans avancer de chiffre, et 18 % envisagent de réclamer « une augmentation » sans montant précis.

Dans ce contexte flou, Internet et l’intelligence artificielle commencent à prendre une place importante. Un tiers des répondants, soit 33 %, affirment s’appuyer sur une recherche en ligne ou une IA pour déterminer leur demande. Toutefois, le sondage ne permet pas de distinguer clairement ces deux usages, rendant difficile l’évaluation de l’impact des outils d’intelligence artificielle dans cette nouvelle approche de la négociation.

Le critère principal demeure néanmoins très humain : 67 % des actifs se basent sur leurs résultats et réalisations. Les offres d’emploi sont citées par 43 % des répondants, suivies par l’inflation ou l’augmentation du coût de la vie, à 41 %. Les charges personnelles influencent 39 % des sondés, tandis que 30 % consultent une grille de salaires ou une convention collective. À l’autre extrémité, 17 % admettent fixer leur demande « au feeling ».

Cette difficulté à établir un chiffre a des conséquences directes. Trente-sept pour cent des personnes interrogées déclarent avoir déjà renoncé à demander une augmentation, faute de savoir quel montant réclamer. La peur d’un refus touche 39 % des répondants, tandis que 35 % craignent d’être mal perçus ou de détériorer leur relation avec leur manager. Seuls 15 % affirment avoir toujours osé demander lorsqu’ils le souhaitaient.

La méconnaissance ne concerne pas seulement le salaire espéré. À peine 5 % des répondants affirment connaître le coût total de leur poste pour leur employeur. Près d’un tiers, soit 31 %, n’en ont aucune idée, et 3 % ignoraient même qu’il existait un écart entre leur rémunération et ce coût employeur.

Cette incertitude influence également les stratégies de négociation. Lors d’un entretien d’embauche, 51 % déclarent demander plus que ce qu’ils espèrent réellement obtenir : 36 % un peu plus et 15 % nettement plus pour conserver une marge. À l’inverse, 8 % choisissent de demander moins pour ne pas paraître excessifs, tandis que 12 % ne savent pas comment s’y prendre.

À l’approche de la rentrée, l’hésitation demeure. Seuls 7 % prévoient d’aborder une augmentation dès la première semaine de septembre. Vingt et un pour cent attendent une occasion jugée favorable sans date précise, et 9 % préfèrent que l’employeur ouvre lui-même la discussion. Derrière l’émergence de l’IA comme nouvel outil de préparation, le sondage met en lumière une difficulté plus ancienne : transformer une envie d’augmentation en un chiffre argumenté.

Source : How Much

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