Yvette Troispoux : La photographe des photographes
Yvette Troispoux, surnommée la « photographe des photographes », a marqué le monde de la photographie en immortalisant les instants précieux des événements culturels de 1950 jusqu’au début des années 2000. Elle a côtoyé des figures emblématiques comme Édouard Boubat, Willy Ronis, Sabine Weiss, Brassaï et William Klein. Son appareil photo, un vieux Leica, était le signe que la fête commençait, selon Robert Doisneau, qui l’appelait sa « photocopine ». À sa mort, le 11 septembre 2007, à 93 ans, France Inter a salué son rôle dans l’émergence d’un nouveau genre : la photographie de cocktail.
Née en juin 1914 dans une famille de la moyenne bourgeoisie, Yvette Troispoux commence à photographier avec un Kodak Pronto dans les années 1930. Après un long hiatus, marqué par la perte de son frère et de son père, elle redécouvre la photographie en 1947, lorsqu’elle s’installe à Paris. Ce déménagement lui permet d’échapper aux critiques de sa mère et de développer son art du portrait.
Bien que sa carrière de photographe ait pris de l’ampleur dans les années 1950, elle a longtemps exercé un emploi de bureau dans une entreprise métallurgique, où elle a travaillé pendant quarante ans. Sa passion pour la photographie l’a amenée à immortaliser des moments simples de la vie parisienne et à participer à des reportages professionnels. Elle est récompensée par le Grand Prix du Club photographique de Paris en 1971, mais n’expose qu’en 1982. En 1993, elle est faite officier de l’ordre des Arts et des Lettres.
Son œuvre a été reconnue après sa mort, avec l’acquisition de son fonds photographique par la Bibliothèque nationale de France en juin 2008. Une partie de son travail est exposée au musée municipal des Capucins à Coulommiers, et une rétrospective a été organisée au musée du Montparnasse à Paris en 2012.
Yvette Troispoux a laissé un héritage durable, soulignant l’importance de prendre son temps, une qualité essentielle pour tout photographe.
Source : Humanité



