L’intelligence artificielle à l’école : craintes et espoirs à la rentrée
L’heure de la rentrée a sonné dans les cantons de Vaud, Genève, Neuchâtel et du Jura, avec l’intelligence artificielle (IA) comme invitée de marque. Au micro de La Matinale, David Rey, président du Syndicat des enseignantes et enseignants romands, a salué l’établissement d’un « cadre clair » entre les cantons, tout en insistant sur l’importance de développer l’esprit critique des élèves.
Cette année, les cantons de Vaud et Fribourg ont introduit des outils d’IA pour les élèves âgés de 12 à 15 ans, une initiative qui suscite à la fois espoir et questionnements. David Rey a souligné qu’il n’y a pas une appréhension marquée, car l’IA est présente dans les écoles depuis plusieurs années. Ce qui change véritablement cette année est la mise en place d’un cadre intercantonal qui offre des repères communs aux enseignants et aux élèves, permettant d’aborder l’IA de manière plus apaisée.
Malgré des perspectives intéressantes pour les élèves et les enseignants, des voix s’élèvent pour questionner l’intérêt pédagogique de l’IA. David Rey a exprimé ses craintes quant à la possibilité que l’IA réduise le goût de l’effort. L’apprentissage par l’erreur, pierre angulaire de la pédagogie, pourrait être compromis par les réponses immédiates de l’IA.
L’éducation à l’outil est donc primordiale. David Rey a précisé que les élèves doivent apprendre à comprendre comment fonctionne une IA, ainsi que ses avantages et ses inconvénients.
L’objectif est d’accompagner les élèves dans le développement de leur esprit critique afin de questionner les résultats fournis par l’IA et d’identifier ses limites. David Rey a rappelé que l’IA n’est pas infaillible, et que certains résultats peuvent être erronés.
Frédéric Borloz, conseiller d’État vaudois en charge de l’éducation, a également souligné que l’IA fait des erreurs et qu’il est essentiel de sensibiliser les élèves aux dangers potentiels de cette technologie.
Les cantons de Fribourg et Vaud adoptent des stratégies différentes : Fribourg utilise Copilot, l’IA de Microsoft, tandis que Vaud a opté pour un outil hors ligne, garantissant ainsi que les recherches menées à l’école ne nourrissent pas les bases de données des IA génératives, ce qui offre une meilleure protection des données.
Concernant le rôle des enseignants, l’IA pourrait faciliter la préparation des cours et le développement d’activités. Cependant, David Rey insiste sur le fait que les enseignants doivent rester « maîtres à bord ». L’automatisation excessive pourrait nuire à la connaissance qu’un enseignant a de ses élèves.
Le temps gagné grâce à l’IA ne doit pas être considéré comme un simple gain de productivité, mais comme une occasion de se concentrer sur l’accompagnement personnalisé des élèves et le développement de nouvelles approches pédagogiques.
Source : Propos recueillis par Valérie Hauert, texte pour le web : Fabien Grenon



