Tir et injures racistes contre des enfants : un retraité jugé en Haute-Loire

Quatre mois après les faits, un retraité de 65 ans comparaît ce lundi 17 août devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay (Haute-Loire) pour violences avec arme et injures publiques racistes. Il est accusé d’avoir menacé avec une carabine un groupe d’enfants et proféré des insultes racistes dans un quartier de la commune d’Espaly-Saint-Marcel.

Le 19 avril, le sexagénaire était sorti de son domicile du quartier de l’Arbousset, armé de sa carabine à plomb. Dans la résidence, un groupe d’enfants jouait au ballon. Selon Noredine Ezbiti, père d’un garçon de 10 ans, le retraité s’est avancé vers les enfants, leur répondant qu’il avait le droit de faire ce qu’il faisait et menaçant de tirer s’ils continuaient à l’ennuyer. Il aurait alors mis son fils en joue en lançant des insultes racistes.

Interpellé et placé en garde à vue, le retraité a affirmé avoir « tiré en l’air » après avoir été traité de « sale blanc » par les enfants. Trois jours après les faits, le procureur de la République du Puy-en-Velay a déclaré qu’aucun tir en direction des personnes présentes n’avait été constaté et qu’aucun témoin n’avait rapporté de propos racistes. Il a donc été convoqué uniquement pour violences avec arme.

Noredine Ezbiti conteste cette version, affirmant avoir signalé les insultes racistes lors de son dépôt de plainte, sans qu’elles soient prises en compte. Après avoir déposé une nouvelle plainte, soutenu par SOS Racisme et la Ligue des droits de l’homme (LDH), le parquet a ouvert une seconde enquête pour injures publiques en raison de l’ethnie, la race ou la religion.

Le retraité est notamment accusé d’avoir crié des propos racistes tels que « On n’est pas dans la savane » et « On n’est pas les poubelles des Africains ». Depuis début mai, il est placé sous contrôle judiciaire et a l’interdiction de paraître dans la commune jusqu’à son jugement.

SOS Racisme et la LDH se sont constituées parties civiles, soulignant la gravité des faits, surtout envers des enfants. L’affaire a pris une tournure politique, plusieurs élus dénonçant une minimisation des faits. Le ministre de l’Intérieur a reconnu le caractère raciste de l’affaire, tout en défendant le travail de la justice.

Source : AFP

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