« Il va se retrouver isolé, rejeté » : les parents de cet enfant sourd et muet de naissance tentent désespérément d’obtenir une place en établissement spécialisé
Publié le 17/08/2026 à 06h45
À la rentrée scolaire, Liam, deux ans, ne pourra pas intégrer un établissement adapté à son handicap. Sourd et muet de naissance, le petit garçon aurait pu être scolarisé dans l’établissement spécialisé de son secteur. Cependant, en raison d’un manque de places, le rectorat oriente les parents vers une école de quartier, une solution jugée inadaptée par la famille.
Du haut de ses deux ans, Liam apprend à communiquer avec ses mains. Il échange avec sa mère, elle aussi malentendante, uniquement en langue des signes. Mais déjà, son handicap constitue un obstacle dans sa vie sociale. « Même quand il y a d’autres enfants dans le parc, il va vers eux, mais il ne parle pas la même langue qu’eux, c’est compliqué », confie sa mère, Laura Boulogne.
Cette situation soulève des inquiétudes quant à l’avenir scolaire de Liam. « Je sais qu’à l’école ça sera la même chose, ça sera pire », déclare Laura. Face au handicap de son fils, elle a fait des demandes pour qu’il puisse intégrer le PEJS, un établissement spécialisé pour les enfants sourds. Malheureusement, cette demande a été refusée en raison d’un quota atteint.
L’Académie de Montpellier a répondu par écrit, indiquant que « le nombre d’élèves accueillis est volontairement limité à 7 » pour garantir la qualité des apprentissages et la mixité entre élèves sourds et entendants. Cette décision est difficile à accepter pour les parents de Liam.
Le rectorat propose à la famille de scolariser Liam dans une école ordinaire avec l’aide d’un AESH (Accompagnant d’Élèves en Situation de Handicap). Toutefois, Laura considère cette me comme insuffisante. « Nous, on est sourds sévères, notre fils, il est sourd profond, il n’a pas d’appareillage, il n’a rien du tout, donc en école ordinaire ce n’est pas possible pour lui, il va se retrouver tout seul, il va forcément être un peu rejeté par les copains », explique-t-elle.
Elle ajoute : « C’est logique, ils ne connaissent pas, ils vont le voir comme si ce n’était pas une personne normale. Et puis lui, il ne pourra rien apprendre, il ne pourra pas comprendre ce que dit la maîtresse. »
Cette situation met en lumière les défis auxquels sont confrontées les familles d’enfants en situation de handicap, notamment en matière d’accès à l’éducation spécialisée.
Écrit avec Thomas Cardoze
Source : France 3 Régions



