Olivier Rolin explore l’éternité de la guerre dans « La Guerre éternelle »
Olivier Rolin, dans son dernier ouvrage La Guerre éternelle, nous invite à un voyage qui relie l’Antiquité aux conflits contemporains. À travers une recherche de la mythique Troie, il évoque des lieux marqués par la violence tels que Gaza, Sarajevo et Marioupol, affirmant que « la guerre de Troie est la mère de toutes les guerres ».
Dès les premières pages, Rolin impose un ton grave, décrivant les horreurs de la guerre : cadavres, mères assassinées et guerriers ensanglantés. Il rappelle le poids des souvenirs de guerre, en écrivant : « Leurs hennissements affolés se mêlent aux cris de douleur ou de rage, aux cris d’effroi, au grondement de l’incendie ».
Au fil de son récit, il aborde des événements tragiques du XXe siècle, comme l’invasion japonaise de la Chine en 1937, où deux officiers se livrent à une compétition macabre pour atteindre cent décapitations. Rolin décrit cette scène avec une intensité déconcertante, notant que « la rive du Yangtsé est rouge et gluante de sang ». Il évoque également des massacres emblématiques, tels que Guernica, Hiroshima et la destruction de Dresde, concluant que « la convention du langage est impuissante ».
La Guerre éternelle se présente aussi comme un carnet de voyage, mettant en lumière des figures historiques comme Heinrich Schliemann, l’archéologue controversé qui a cherché la cité perdue de Troie. Rolin dépeint Schliemann comme un homme obsédé par son succès, qui a souvent détruit plus qu’il n’a découvert.
Rolin s’inscrit dans cette tradition littéraire, mêlant histoire et mythologie, tout en questionnant notre rapport à la guerre. Il écrit : « On vit là où nous mènent nos rêveries, nos obsessions ». La Guerre éternelle est ainsi un témoignage poignant sur la condition humaine face à la violence, tout en étant une réflexion sur la littérature elle-même.
Olivier Rolin, La Guerre éternelle, collection Blanche Gallimard, 219 pages, 20 euros.
Source : Franceinfo.


