Bruxelles impose un filigrane invisible pour repérer les contenus générés par intelligence artificielle
Depuis le 2 août, Bruxelles a mis en place une réglementation obligeant les fournisseurs de modèles d’intelligence artificielle générative à signaler clairement aux utilisateurs européens qu’ils interagissent avec une IA. Cette me vise à garantir que les contenus produits par ces technologies soient identifiables comme tels.
L’entreprise Anthropic a été l’une des premières à répondre à cette exigence. Elle a annoncé que les modèles de Claude, lancés depuis le 2 août, intégreront un filigrane invisible dans leurs textes. Ce filigrane ne sera pas visible à l’écran et n’affectera pas la lecture, mais il sera intégré au texte lui-même et devra survivre au copier-coller, permettant ainsi de conserver l’information sur l’origine IA du contenu.
Cependant, ce dispositif présente une limite importante : il ne permet pas d’identifier nécessairement l’auteur du texte. Par exemple, un article rédigé par un humain, puis corrigé ou résumé par Claude, pourra porter le filigrane, tandis qu’un passage trop court ou réécrit pourrait ne plus le contenir. Anthropic a reconnu que ce marquage sert principalement à indiquer qu’un contenu a été traité par une machine, sans préciser qui en est l’auteur.
Ce système pourrait décevoir ceux qui espéraient une solution simple pour détecter les contenus académiques générés par l’IA. Actuellement, Anthropic n’a pas encore publié l’outil permettant de détecter son filigrane, bien que cela soit exigé par la législation européenne. En ce qui concerne les images et autres fichiers, Anthropic prévoit d’utiliser des métadonnées de provenance signées. D’autres entreprises, comme OpenAI, utilisent déjà des technologies de filigrane pour marquer de manière invisible les images générées par l’IA.
Pour que le marquage soit efficace, il est essentiel de pouvoir le détecter. Walter Pasquarelli, chercheur à l’université de Cambridge, a indiqué que les plateformes sociales pourraient disposer de détecteurs capables d’identifier ces filigranes lors de la publication de contenus. Ce passage de l’invisible au visible pourrait modifier les habitudes de lecture, en rendant les utilisateurs plus conscients de l’origine des contenus qu’ils consultent.
L’enjeu de cette réglementation dépasse la simple conformité à la législation européenne. Anthropic a annoncé son intention d’appliquer ce marquage à l’échelle mondiale. Environ 190 organisations, dont Google, Meta, Microsoft, Mistral et OpenAI, ont déjà signé un code de bonnes pratiques en lien avec ce règlement. Les entreprises qui ne respectent pas ces nouvelles règles pourraient faire face à des amendes allant jusqu’à 15 millions d’euros ou 3 % de leur chiffre d’affaires mondial.
Source : L’Express



