Un mois et demi d’avance en trente ans
Les vendanges ont débuté dans les Bouches-du-Rhône, marquées par une précocité record en raison de l’été caniculaire de cette année 2026. Plusieurs vignerons font état de cette situation inédite et partagent les méthodes qu’ils ont adoptées pour s’adapter aux effets du réchauffement climatique sur leurs cultures.
Les vendanges ont commencé au début du mois d’août, un fait sans précédent pour le domaine de Lançon-Provence. Philippe Coutin, propriétaire du Château Virant, déclare : « C’est l’année la plus précoce qu’on ait jamais eue sur ce domaine. On a commencé le lundi 10 août pour les cépages blancs. » À 7 heures du matin, les températures atteignent déjà 24 degrés, alors que les vagues de chaleur se succèdent en France cet été 2026. Pour échapper aux températures élevées, les vendanges débutent dès 2 heures du matin.
Les conséquences du réchauffement climatique se manifestent par une maturation précoce du raisin. Dans ce domaine de 200 hectares, les fruits sont déjà prêts à être récoltés. Les vignerons constatent tous une tendance à la précocité croissante des vendanges. Au Domaine du Bagnol à Cassis, la récolte principale est prévue pour le 17 août. Lisa Genovesi, directrice commerciale et administrative du domaine, précise : « C’est relativement tôt par rapport à d’habitude, mais seulement deux jours en avance par rapport à l’année dernière. » Elle souligne que, sur une période de 30 ans, le début des vendanges a été avancé d’un mois et demi.
Pour faire face au manque d’eau et aux fortes chaleurs, les vignerons innovent. Philippe Coutin explique : « On s’adapte, c’est-à-dire qu’on essaie de trouver des solutions pour protéger le raisin et la vigne. » Au Domaine du Bagnol, l’air marin de la Méditerranée est un atout, offrant une humidité naturelle qui réduit le stress hydrique sur les vignes.
Pour garantir un rendement satisfaisant, le Domaine du Bagnol utilise des produits phytosanitaires, ainsi que de l’aloe vera, un hydratant naturel, et des traitements à base d’ail, qui aident la plante à se réparer. Lisa Genovesi affirme : « On est sans cesse en train de travailler avec la nature, on ne va pas faire pousser la vigne outre-me. »
Les vignerons reviennent à des techniques traditionnelles éprouvées pour s’adapter aux défis posés par le climat. Au Château Virant, le raisin est rapidement réfrigéré après la récolte pour éviter l’oxydation. Loïc Botcazou, œnologue, explique : « Les phénomènes d’oxydation se produisent avec la chaleur. Ce qu’on veut, c’est protéger les raisins dès leur entrée au conquet, par une mise au froid. »
Durant un mois, le jus de raisin sera conservé au frais dans les cuves avant d’être brassé, et finalement transformé en vin. Ce produit reste largement consommé, malgré une baisse de popularité observée ces dernières années.
Article rédigé avec l’aide du reportage de Mariella Coste et Valérie Bour/France 3 Provence-Alpes.



