Les drones minimisent les risques pour les pompiers
Directeur d’une société de matériel pour les unités de secours à Clermont (Oise), Mathieu Parisse, également pilote de drones, s’engage à soutenir les pompiers dans la lutte contre les incendies. Déjà mobilisé à Fontainebleau et dans les Landes, il ambitionne de fédérer des pilotes à travers toute la France.
Lorsque Mathieu Parisse a équipé son entreprise, SOS France P.A.S, d’un drone thermique, il ne s’attendait pas à l’ampleur des incendies qui allaient frapper la France cet été. Spécialisée dans le matériel de secours d’urgence, sa société, basée à Clermont, propose depuis deux mois des services de surveillance par drone.
« C’était dans la suite logique des choses », explique-t-il. « Lorsque vous équipez les secours au sol, prendre de la hauteur me semblait évident. On peut faire de la surveillance de points chauds sur les incendies ou participer aux recherches de personnes disparues après une catastrophe naturelle. »
Mathieu Parisse n’intervient jamais de lui-même sur le terrain. Il prend d’abord contact avec les services de secours pour leur proposer son aide, de manière bénévole. « L’idée n’est pas de supplanter les pompiers, mais de mettre l’expertise des télépilotes à leur service », précise-t-il. Il constate que certains départements sont bien dotés en pilotes, tandis que d’autres, comme l’Oise, n’en ont pas besoin.
Face à l’incendie de Fontainebleau, Parisse s’est porté volontaire pour aider les pompiers. « J’avais peur de déranger, mais ma proposition a été bien accueillie. » Le SDIS 77 lui a demandé de rejoindre le secteur du Grand Parquet, où il a intégré le dispositif de surveillance par drone.
« À chaque fois, je reçois une mission et des tâches précises à effectuer. Je n’agis pas seul », souligne-t-il. Il a d’abord volé en vision classique pour observer les fumerolles, puis en vision thermique pour identifier des points chauds invisibles à l’œil nu. À Fontainebleau, il a détecté des températures allant de 100 à 200°C, et jusqu’à 400°C dans les Landes.
Fort de cette expérience, Mathieu Parisse a ensuite été actif à Biscarrosse, où, avec deux autres télépilotes, il a pu cartographier des points chauds pour éviter les reprises de feu. « Avec trois drones, nous avons quadrillé 12 km² en 2h30. Les drones minimisent les risques pour les pompiers », conclut-il.
Plus récemment, il a proposé son aide aux pompiers de la Côte d’Opale. Parisse a également créé la première Réserve Opérationnelle de Drones Thermiques (RODT), visant à rassembler des télépilotes sur tout le territoire national. Actuellement, une trentaine de pilotes s’apprêtent à adhérer à l’association, avec près de 200 intéressés.
Les missions de la RODT pourraient s’étendre au-delà des incendies. Une convention a été signée avec la protection civile d’Eure-et-Loir, permettant aux télépilotes d’intervenir en cas d’inondations.
Source : France 3 Régions.



