Des signaux radio mystérieux dans la Voie lactée pourraient avoir trouvé leur origine
Depuis plusieurs années, des astronomes détectent dans la Voie lactée des signaux radio pulsant à une fréquence trop lente pour correspondre à des objets célestes connus. Une douzaine de ces mystérieux transitoires ont été identifiés sans qu’une explication claire émerge. Une équipe australienne, dirigée par l’astronome Kovi Rose de l’Université de Sydney, a peut-être résolu ce mystère en découvrant un système binaire d’étoiles en interaction.
En 2022, un signal nommé GLEAM-X J162759.5−523504.3 a été observé, émettant des impulsions toutes les 18 minutes. Ce comportement ne correspond à aucun objet catalogué, tels que les pulsars ou les magnétars, qui pulsent généralement à des rythmes beaucoup plus rapides. D’autres signaux similaires ont été détectés, menant à la classification de douze transitoires radio à longue période (LPT) dans différentes régions de la galaxie.
L’objet ASKAP J1745-5051, identifié par l’équipe de Kovi Rose, émet des sursauts radio toutes les 81 minutes, avec des rayonnements X détectés simultanément par deux observatoires spatiaux. Des observations optiques ont révélé qu’il s’agit d’un système binaire composé d’une naine blanche et d’une naine rouge, orbitant ensemble en exactement 81 minutes, coïncidant ainsi avec la fréquence des sursauts radio.
Le mécanisme à l’œuvre implique que la naine blanche, fortement magnétisée, aspire la matière de son étoile compagne, générant des températures élevées et produisant des signaux de rayons X. Parallèlement, les champs magnétiques des deux étoiles interagissent, créant des sursauts radio caractéristiques des LPT.
Cette découverte est significative car ASKAP J1745-5051 est le premier objet à rassembler tous les indices observés séparément dans d’autres LPT. Cette compréhension pourrait permettre aux astronomes de mieux interpréter les autres LPT, dont seuls certains aspects sont visibles.
Actuellement, la douzaine d’objets détectés représente probablement une petite fraction de la population réelle des LPT. Les chercheurs espèrent que les avancées technologiques, notamment avec des radiotélescopes de nouvelle génération, permettront de découvrir des centaines d’autres systèmes similaires.
L’étude a été publiée dans la revue Nature Astronomy.
(Source : SciencePost)



