Des moutons, vaches et brebis comme boucliers anti-incendie dans le Lot
Dans le département du Lot, 22 associations foncières pastorales (AFP) remettent en pâturage des parcelles abandonnées afin de limiter les risques d’incendie. À Floirac, l’une de ces AFP couvre 350 hectares et regroupe environ 160 propriétaires. Ce dispositif met en avant le rôle crucial des animaux dans la gestion des espaces naturels.
À une époque où le risque d’incendie s’intensifie en France, des initiatives locales se développent pour agir en amont. Les AFP permettent de restaurer des zones délaissées par l’agriculture, limitant ainsi la végétation qui pourrait alimenter les flammes. Selon Isabelle Lapèze, chargée d’études agriculture et environnement au Département du Lot, « l’impact du feu sur les zones pâturées est significatif par rapport à celles qui ne le sont pas ». Bien que cela ne garantisse pas l’absence de départs de feux, cela peut réduire leur intensité et faciliter l’intervention des pompiers.
Le principal problème lié aux incendies réside dans l’accumulation de végétation. Les zones de broussailles, laissées sans pâturage pendant des années, deviennent des foyers potentiels d’incendie. À Floirac, un incendie survenu en 1984 a ravagé 150 hectares, soulignant l’importance de la gestion des espaces naturels. Le projet d’AFP lancé en 2016 visait précisément à répondre à ce constat d’abandon.
La plus grande AFP du nord du Lot s’étend sur 350 hectares, réunissant des propriétaires volontaires et des éleveurs. Une convention d’exploitation définit les périodes de pâturage, permettant aux animaux, notamment moutons et brebis, de broutter pendant environ trois semaines par an. Ces animaux jouent un rôle clé en réduisant la matière sèche combustible. « La broussaille, dans un incendie, c’est ce qu’il y a de pire », explique Alexandre Barrouilhet, maire de Floirac. En broutant, ils contribuent à ralentir la propagation des flammes, facilitant ainsi le travail des sapeurs-pompiers.
Ce modèle présente également des avantages économiques. L’utilisation de moyens mécaniques pour gérer les risques d’incendie serait financièrement prohibitive. Cependant, une des difficultés majeures demeure le manque d’animaux et d’éleveurs dans ces associations.
Bien que le pastoralisme ne puisse pas garantir l’absence d’incendies, il peut en limiter la puissance et favoriser l’intervention des secours en maintenant des espaces ouverts. Alexandre Barrouilhet souligne que la création de ces AFP est une initiative intelligente pour anticiper les conséquences du réchauffement climatique.
Source : La Dépêche du Midi



