À Ceuta, les mineurs marocains refusent le retour réclamé par Rabat
Publié le : 16/08/2026 – 10:45
Modifié le : 16/08/2026 – 10:58
Avec notre envoyé spécial à Ceuta, François Hume-Ferkatadji
Depuis la crise migratoire de Ceuta, le Maroc exige le retour de tous les mineurs marocains non accompagnés présents en Espagne. Actuellement, un grand nombre de ces jeunes se trouvent dans l’enclave espagnole, espérant rejoindre l’Europe plutôt que de retourner au Maroc.
Bilal, 17 ans, témoigne : « Je veux rester ici, à Ceuta, ou en Europe. Il n’y a rien au Maroc, je n’ai pas d’avenir là-bas. » Parmi ces mineurs, certains ont trouvé refuge dans des centres d’hébergement, tandis que d’autres dorment dans la rue, avec une estimation d’environ un millier de jeunes vivant dans des conditions précaires.
Chaque soir, ces mineurs se rassemblent sur la playa del Trampolín avec d’autres exilés venant d’Afrique et du Moyen-Orient. Les ONG distribuent des repas et offrent des soins de base, mais les besoins restent considérables. Julian Rodriguez, un médecin bénévole, estime qu’il pourrait y avoir entre 7 000 et 10 000 personnes non enregistrées à Ceuta.
Des abris de fortune, construits avec des cartons et des morceaux de bois, sont visibles sur la plage. Les files d’attente devant les équipes médicales s’allongent, ces dernières s’occupant de bless, de maladies de peau et de problèmes respiratoires. « La santé publique, ici, n’existe pas. Une plage, des besoins personnels… Non, c’est impossible », déclare le médecin.
Dans un contexte diplomatique tendu, le Maroc tient les autorités espagnoles responsables des conditions de vie des mineurs isolés. Cependant, la législation espagnole interdit le retour collectif des mineurs, chaque cas devant être examiné individuellement.
Source : RFI



