Portrait : Maria Daoulas et Loïc Lepareur, jeunes agriculteurs face à la sécheresse
À peine installés dans leur ferme bovine près de Vire, Maria Daoulas et Loïc Lepareur se retrouvent confrontés à une sécheresse exceptionnelle. Le couple, qui a investi près d’un million d’euros pour lancer son exploitation, doit puiser dans ses réserves pour nourrir ses vaches et s’attend à un bouleversement du modèle agricole face aux aléas climatiques.
Près de Vire-Normandie (Calvados), le démarrage d’une exploitation par ce jeune couple est particulièrement difficile. Depuis le 1er juillet, Maria, 26 ans, et Loïc, 27 ans, ont pris les rênes d’une exploitation bovine à Burcy, sur la commune de Valdallière. Cependant, leur première semaine d’activité coïncide avec une canicule ayant asséché les sols, et la région s’apprête à en subir une autre. L’été 2026 a été marqué par des températures records, avec les mois de juin et juillet figurant parmi les plus chauds jamais enregistrés en France.
Maria Daoulas souligne la gravité de la situation : « On est dans une situation assez inédite. » En juillet, les précipitations n’ont atteint que 3,5 millimètres, sans amélioration en vue. Loïc Lepareur redoute que le maïs ne reçoive plus d’eau avant la récolte, un scénario préoccupant pour leur future production.
Les effets de la sécheresse sont visibles sur les parcelles. Les feuilles des plants de maïs jaunissent et se dessèchent, tandis que les épis atteignent une taille bien inférieure à la normale. Loïc montre un épi qui, dans des conditions normales, devrait dépasser son épaule, mais qui lui arrive au niveau du bassin. « Il serait deux ou trois fois plus gros », précise-t-il.
Cette mauvaise récolte de maïs a des conséquences directes sur l’alimentation de leur troupeau. Les vaches, privées de pâturage, doivent être nourries à l’auge. Le foin, initialement prévu pour l’hiver, commence à manquer dès le mois de juillet. Maria constate : « Nos récoltes prévues pour l’hiver sont déjà entamées depuis le 10 juillet. »
La situation est préoccupante pour ces jeunes exploitants, qui doivent racheter des stocks de foin de manière imprévue. Malgré ces défis, le couple refuse de céder au découragement. Maria admet l’inquiétude, mais nuance : « De là à être démoralisés, pas forcément ! Mais inquiets, oui. »
Le couple envisage déjà des adaptations pour faire face à des épisodes de chaleur plus fréquents, comme l’augmentation de la surface des prairies et des aménagements pour améliorer le confort des animaux. Loïc, fils d’agriculteur, souligne que le changement climatique nécessitera une transformation profonde du modèle agricole. Il s’inquiète de la dépendance actuelle de l’agriculture aux énergies fossiles et appelle à repenser l’organisation agricole.
Cet été, la réalité difficile de ces deux agriculteurs illustre la nécessité d’une évolution du métier et du modèle économique de l’agriculture. Malgré les incertitudes, Maria et Loïc restent déterminés : « Il faudra toujours des agriculteurs pour nourrir la population. »
Source : France 3 Normandie


