Nelio Biedermann : Le jeune romancier suisse qui fait sensation avec « Lázár »
À seulement 23 ans, le romancier suisse Nelio Biedermann se distingue comme l’une des révélations de la rentrée littéraire avec son ouvrage « Lázár ». Ce roman, publié le 5 octobre par Belfond, explore le déclin d’une famille noble entre la fin de l’Empire austro-hongrois et l’avènement du communisme.
Biedermann, qui se présente décontracté avec un tee-shirt noir et une fine moustache, rejette l’étiquette d' »enfant prodige » souvent associée à son succès. Certains critiques le comparent à Thomas Mann, mais il préfère établir une analogie avec le jeune footballeur espagnol Lamine Yamal, soulignant que l’attention portée sur lui est due à « la qualité de son jeu ».
Né en 2003, il a grandi près du lac de Zurich, où il a étudié la littérature allemande et le cinéma. À 20 ans, il commence à écrire « Lázár », qui est désormais en cours de traduction dans environ vingt langues et a déjà été publié aux États-Unis, un marché souvent difficile pour la littérature européenne. De plus, une société de production allemande a acquis les droits d’adaptation cinématographique de son roman.
« Lázár » est décrit par Biedermann comme un récit personnel, relatant le destin de trois générations de sa famille paternelle, qui ont émigré de Hongrie en Suisse. L’intrigue suit la dynastie du baron Sandor van Lázár, confrontée à des désillusions personnelles et à des dégringolades financières à travers les crises du XXe siècle, notamment la Première Guerre mondiale, la montée du nazisme, la Seconde Guerre mondiale et l’occupation soviétique en Hongrie.
L’auteur évoque son inspiration tirée des récits de sa grand-mère et de son grand-oncle. Dans son roman, les personnages sont souvent passifs, subissant le cours de l’Histoire sans réagir. Biedermann souligne sa volonté de se distancier des sagas familiales traditionnelles pour capter l’attention des lecteurs contemporains. Il note que, contrairement à Thomas Mann, il aborde des thèmes tels que la sexualité et la masculinité de manière plus ouverte.
La traductrice Rose Labourie a dû adapter son travail aux nouvelles formes narratives de l’auteur, qui mêle poésie, scènes de violence, réalisme magique et humour caustique. En parallèle de son écriture romanesque, Biedermann contribue également au quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung (NZZ), où il a récemment partagé son expérience de la canicule à Paris.
Source : TV5MONDE


