Cinq ans après leur retour, les talibans célèbrent leur « jour de la Victoire » : drapeaux, Humvee américains et selfies dans les rues de Kaboul
KABOUL, Afghanistan – Les dirigeants talibans et leurs partisans ont célébré samedi le cinquième anniversaire de leur retour au pouvoir en Afghanistan, marqué par des drapeaux et des slogans glorifiant l’indépendance retrouvée. Cependant, cette célébration se déroule dans un contexte de restrictions sévères sur les droits humains, en particulier pour les femmes, selon les rapports de l’ONU.
À Kaboul, motos, voitures et rickshaws circulent avec des drapeaux noir et blanc de l’Émirat islamique d’Afghanistan, tandis que des soldats talibans montent la garde sur des Humvee, véhicules laissés par les forces américaines lors de leur retrait en 2021. Des centaines de partisans, principalement des hommes et des enfants, se sont rassemblés à proximité de l’ex-ambassade américaine, où ils ont pris des selfies dans une ambiance festive.
Le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, a affirmé sur les réseaux sociaux que ce « jour de la Victoire » « restera gravé en lettres d’or dans l’Histoire de l’Afghanistan ».
Le 15 août 2021, les talibans avaient pris Kaboul sans résistance, marquant la fin de 20 ans de présence militaire américaine. Ce retrait a provoqué une vague de panique parmi la population, qui tentait désespérément de fuir le pays.
Le ministre des Affaires étrangères taliban, Amir Khan Muttaqi, a déclaré que « le chapitre de la guerre est fini » et a exhorté les États-Unis à rouvrir leur ambassade et à investir en Afghanistan. Le gouvernement taliban revendique des améliorations en matière de sécurité pour une population ayant souffert de décennies de conflit.
Cependant, la situation économique reste précaire. Près de 14 millions d’Afghans souffrent de faim aiguë, selon l’ONU. Malgré une prévision de croissance de 4,8 % en 2025, le niveau de vie recule, exacerbé par le retour de plus de six millions d’Afghans d’Iran et du Pakistan depuis 2023.
Les restrictions sur les droits humains se sont accentuées, notamment pour les femmes, qui sont interdites d’accès aux études secondaires et universitaires, faisant de l’Afghanistan le seul pays au monde à imposer de telles interdictions. Des témoignages d’Afghanes évoquent des conditions de vie extrêmement difficiles, certaines se décrivant comme « condamnées à vivre dans une tombe ».
La guerre avec le Pakistan a également aggravé la crise humanitaire, entraînant des pertes civiles et des interruptions des échanges commerciaux. En conséquence, la situation des droits humains continue de se dégrader, selon les observateurs internationaux.
Source : Agence France-Presse



