À Aubusson, le testament tissé de Jean Lurçat se révèle
AUBUSSON – Une exposition exceptionnelle mettant en lumière l’œuvre monumentale de Jean Lurçat, intitulée Le Chant du monde, se tiendra à la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson du 4 avril au 1er novembre 2026. Cette présentation marque le retour d’un ensemble de dix pièces tissées, conservées jusqu’à présent à Angers, et qui n’a jamais été montré dans son intégralité à Aubusson.
Jean Lurçat (1892–1966) a tissé des liens étroits avec les manufactures d’Aubusson, notamment grâce à l’initiative de la collectionneuse Marie Cuttoli. Cette dernière a fait transposer en tapisserie des œuvres de sa collection, dont certaines de Lurçat, poussant l’artiste à abandonner la peinture de chevalet dans les années 1930 au profit des arts tissés. Lurçat a trouvé dans la laine un nouveau mode d’expression, développant un vocabulaire plastique unique et cosmogonique, comme en témoigne son œuvre L’Apocalypse (1947–1950).
Lurçat a joué un rôle clé dans le renouveau des manufactures aubussonnaises, renouant avec des techniques médiévales. Après la Seconde Guerre mondiale, il a multiplié les projets d’envergure et les collaborations, notamment avec le Mobilier national. En 1957, il s’est lancé dans la création de Le Chant du monde, une œuvre de plus de dix ans, réalisée sans commande préalable.
Cette tenture, qui s’étend sur 350 m², illustre la vision d’un monde post-guerre, oscillant entre désenchantement et espoir. Lurçat a déclaré : « Je n’ai pas tardé à me convaincre que la vie, pour qui tente de vivre droit, c’est chose sucrée et salée, douce et amère, convulsive et sereine. »
L’exposition à Aubusson représente une occasion unique de redécouvrir cette œuvre majeure, qui souligne l’importance de Lurçat dans l’histoire de la tapisserie contemporaine.
Source : Beaux Arts Magazine


