Lex Luthor face à la mort : Superman en quête de rédemption
À la suite d’une expérience qui a mal tourné, Lex Luthor est atteint d’une maladie dégénérative incurable. Clark Kent, fidèle à ses principes, décide de tenter de sauver l’homme qui a consacré sa vie à le détruire. Ce choix le conduit à un voyage à travers l’univers DC, explorant des mondes futuristes et des civilisations magiques, à la recherche d’un remède qui mettra à l’épreuve tant le corps de Luthor que l’âme des deux hommes.
Mark Waid, à la tête de ce récit, renverse les attentes d’un affrontement classique entre Superman et Luthor. L’Homme d’Acier, pourtant le plus puissant de l’univers DC, doit s’appuyer sur son intelligence plutôt que sur sa force brute, transformant ainsi l’album en une leçon d’humanité.
Le traitement de Luthor est un véritable tour de force. Ses luttes intérieures, bien connues des lecteurs, sont approfondies, offrant une nouvelle dimension à un personnage souvent perçu comme mégalomane. Le voyage des deux hommes sert également de prétexte à une exploration de l’univers de Superman, mettant en avant ses amis et alliés, le tout illustré par un dessin soigné et détaillé.
L’album interroge ce qui définit un héros aux yeux de son pire ennemi. Superman et Luthor, au fil des décennies, se sont construits l’un par rapport à l’autre, incarnant des oppositions telles que l’intelligence contre la force brute et l’égoïsme contre l’altruisme. Ce récit devient moins un affrontement qu’un règlement de comptes intime, où chaque étape déconstruit l’image que les deux personnages ont l’un de l’autre.
La mort de Luthor, anticipée dès les premières pages, apporte le poids dramatique nécessaire pour matérialiser son basculement idéologique, sans offrir de dénouement heureux. Superman, en revanche, survit, car éliminer l’icône reviendrait à anéantir le message qu’elle véhicule.
Le récit dévie de la trajectoire attendue lorsque Luthor, après avoir absorbé une partie des pouvoirs de Superman, retrouve temporairement sa vitalité avant de se sacrifier pour sauver son ennemi. Cette tension est maintenue jusqu’aux dernières pages. Néanmoins, l’introduction tardive de Brainiac comme véritable instigateur du complot semble simpliste et fait glisser le conflit vers une action plus conventionnelle.
Brainiac reviendra, mais pour l’heure, un homme a trouvé la lumière dans un sacrifice inimaginable.
Source : ActuaBD



