Tunisie : les agriculteurs face à la sécheresse, du nord au sud
Publié le : 16/08/2026 – 05:14
Avec notre envoyée spéciale à Gabès, Lilia Blaise
En Tunisie, les agriculteurs s’adaptent de plus en plus aux conséquences du réchauffement climatique et aux périodes de sécheresse qui affectent le pays. À Gabès, dans le sud, les petits exploitants reviennent à des méthodes ancestrales pour lutter contre le stress hydrique et l’épuisement des ressources en eau. Le système oasisien de la ville, qui abrite l’une des rares oasis littorales au monde, est également menacé par ce manque d’eau.
Dans une pépinière au cœur de Gabès, Abdelfattah Dahmani, 40 ans, a quitté son emploi dans l’industrie de l’acier pour se consacrer entièrement à l’agriculture après la pandémie. Il cultive dans l’oasis de Chenini et dans une pépinière à Gabès, où il promeut l’échange de bonnes pratiques entre agriculteurs. « Ici, nous échangeons des semences autochtones qui résistent mieux à l’aridité. Pour moi, il est essentiel de revenir à ces semences », déclare-t-il.
Anouar Boubakri, quant à lui, a choisi de cultiver dans une zone désertique à Menzel Habib, à 80 kilomètres de Gabès. Il a installé un système d’irrigation au goutte-à-goutte et récupère les eaux de pluie grâce à une ancienne citerne, rendant sa ferme à 75 % autonome.
Cependant, malgré ces initiatives locales, les agriculteurs de Gabès doivent continuer à s’adapter face aux défis croissants.
Adaptation requise également au nord du pays
Dans les régions du nord, où la majorité des cultures sont céréalières, l’adaptation à la sécheresse progresse lentement. Certains agriculteurs, comme Leith Ben Becheur de Jendouba, plaident pour l’agroécologie et une agriculture plus durable. Il souligne que la sécheresse, bien qu’elle ne soit pas endémique, peut être particulièrement intense dans cette région. « Lorsque la sécheresse survient, toutes les cultures pluviales, notamment les céréales et les oliviers, souffrent au niveau du rendement », explique-t-il.
Il ajoute que, même lors d’années pluvieuses, il ne faut pas oublier les impacts des années précédentes où les précipitations étaient insuffisantes, ce qui complique la prévision des récoltes.
La situation en Tunisie met en lumière la nécessité d’adaptations continues pour les agriculteurs, tant au nord qu’au sud du pays, face à des défis environnementaux croissants.
Source : RFI



