Un nouvel échec : la fusée Blue Origin explose de façon spectaculaire avant son décollage à Cap Canaveral

Un nouvel échec : la fusée Blue Origin explose de façon spectaculaire avant son décollage à Cap Canaveral

Dans la nuit de jeudi à vendredi, un lanceur New Glenn de Blue Origin a explosé sur son pas de tir au complexe de lancement LC-36 de la Force spatiale des États-Unis, situé à Cap Canaveral. L’explosion s’est produite lors d’une mise à feu statique des moteurs, un test de routine effectué avant tout lancement opérationnel.

Le lanceur devait réaliser sa prochaine mission dès la semaine suivante, avec le lancement d’un lot de satellites Amazon LEO. Aucun satellite ne se trouvait à bord au moment de l’essai, ce qui a limité les pertes matérielles à la fusée elle-même et aux infrastructures du pas de tir.

Jeff Bezos, fondateur de Blue Origin, a réagi rapidement sur les réseaux sociaux : « Tout le personnel est comptabilisé et en sécurité. Il est trop tôt pour connaître la cause profonde, mais nous travaillons déjà à la trouver. Journée très difficile, mais nous allons reconstruire tout ce qui a besoin d’être reconstruit et reprendre le vol. Ça en vaut la peine. »

Cet incident survient dans un contexte particulièrement délicat pour Blue Origin. La société venait tout juste de recevoir, le 22 mai, l’autorisation de la Federal Aviation Administration (FAA) de reprendre ses lancements, à peine sept jours avant l’explosion. Cette autorisation faisait suite à une anomalie en vol survenue lors de la mission New Glenn 3 (NG-3), lors de laquelle une fuite cryogénique avait gelé une conduite hydraulique, provoquant une anomalie de poussée du deuxième étage.

À l’issue de cette enquête, Blue Origin avait identifié neuf mes correctives. La FAA avait conditionné la reprise des vols à leur mise en œuvre effective.

Des impacts sur les infrastructures et l’activité commerciale

L’explosion aurait détruit au moins une tour de protection contre la foudre, ainsi que le portique mobile du LC-36. Tant qu’une évaluation complète des dégâts n’aura pas été réalisée, il sera impossible de déterminer précisément le délai nécessaire pour remettre le pas de tir en service.

L’activité commerciale de Blue Origin sera inévitablement perturbée dans les mois à venir. La société devra d’abord identifier l’origine de l’explosion et y apporter les correctifs nécessaires, puis entreprendre la remise en état du pas de tir, un chantier qui pourrait prendre plusieurs semaines.

À cela s’ajoute une vulnérabilité structurelle majeure : contrairement à SpaceX, Blue Origin ne dispose que d’un seul pas de tir. En 2016, lorsqu’une explosion avait détruit le pad 40 de Cap Canaveral, SpaceX avait pu rebondir rapidement en utilisant d’autres installations. Blue Origin n’a pas cette option.

Si l’enquête établit que l’anomalie est liée aux moteurs BE-4 alimentés au méthane, les conséquences pourraient dépasser Blue Origin. Ce moteur est également utilisé par le lanceur Vulcan de United Launch Alliance (ULA), déjà immobilisé pour d’autres raisons. Une défaillance confirmée du BE-4 constituerait un point de défaillance systémique pour deux programmes de lanceurs lourds américains simultanément.

Le programme Artemis et les ambitions lunaires de Blue Origin affectés

La NASA est également concernée. Blue Origin est un partenaire central du programme Artemis, devant livrer une grande variété de fret et d’équipements scientifiques sur la Lune avec son atterrisseur Blue Moon Mark 1, et son Blue Moon Mark 2 a été sélectionné comme l’un des deux atterrisseurs du programme Human Landing System, aux côtés du Starship lunaire de SpaceX.

L’explosion d’un lanceur, aussi spectaculaire soit-elle, n’est pas une première dans l’histoire spatiale, ni une condamnation définitive. En septembre 2016, une fusée Falcon 9 de SpaceX avait explosé sur ce même site de Cap Canaveral lors d’un remplissage de carburant, détruisant le pad 40 et le satellite qu’elle devait emporter. SpaceX avait su surmonter cet accident, reprendre les vols depuis d’autres installations, puis remettre le pad 40 en service en décembre 2017.

Source : Futura Sciences

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