Violences dans le périscolaire : le Sénat lance une commission d’enquête nationale
Le Sénat français a approuvé la création d’une commission d’enquête pour examiner les violences dans le cadre périscolaire. Cette décision fait suite à la suspension de 132 animateurs à Paris depuis le début de l’année 2026, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles, comme l’a rapporté Emmanuel Grégoire.
Cette initiative, portée par la sénatrice de Paris Agnès Evren, vise à établir un état des lieux national des violences subies par les enfants en dehors des heures de classe. Les travaux de la commission commenceront avant la fin juin et incluront des auditions et consultations, avec des conclusions attendues à l’automne. L’objectif est d’identifier les failles du système d’encadrement périscolaire et de formuler des recommandations pour renforcer la protection des mineurs.
La commission de la culture du Sénat disposera de pouvoirs d’enquête, permettant de convoquer toute personne jugée nécessaire. Les témoins seront entendus sous serment et les sénateurs auront des pouvoirs de contrôle sur pièces et sur place.
Agnès Evren a souligné que cette démarche ne se limite pas à Paris, mentionnant également des cas à Marseille, Lyon et Bordeaux. Elle a insisté sur la nécessité d’examiner l’ensemble du dispositif d’encadrement périscolaire à l’échelle nationale.
Parmi les pistes discutées figurent le renforcement de la formation des animateurs et l’instauration de contrôles d’honorabilité plus stricts pour le personnel intervenant auprès des enfants.
La commission entendra divers acteurs, y compris des responsables administratifs, des associations et des élus locaux. Agnès Evren a précédemment dénoncé une « omerta absolue » sur les violences sexuelles dans les écoles parisiennes, évoquant la responsabilité politique de la municipalité. Les auditions pourraient concerner des figures politiques comme l’ancienne maire de Paris, Anne Hidalgo, et son successeur, Emmanuel Grégoire.
Au Sénat, des élus appellent à mener ces investigations de manière responsable, sans affrontement politique. La sénatrice socialiste Colombe Brossel a affirmé que « toute la lumière doit être faite sur toutes les violences faites aux enfants », soulignant l’importance d’améliorer les dispositifs de protection à la suite du décès tragique de la jeune Lyhanna.
Les travaux de la commission devront s’inscrire dans un cadre rigoureux, avec un appel à des investigations méticuleuses pour garantir des conclusions fiables.
Source : Public Sénat
