Tchad : des opposants graciés mais non amnistiés
Le président du Tchad, Mahamat Idriss Déby, a annoncé ce vendredi 14 juin 2026 la grâce de plusieurs figures de l’opposition, dont l’ancien Premier ministre Succès Masra, condamné à 20 ans de réclusion pour insurrection, ainsi que huit autres leaders de partis affiliés à la plateforme d’opposition GCAP. Cette me permet leur libération, mais n’annule pas leurs condamnations.
La grâce présidentielle annule les peines de prison, mais les concernés conservent un casier judiciaire, leurs condamnations civiles et financières, ainsi que leur inéligibilité. L’analyste politique Bétinbaye Yamingué souligne que cette situation diffère d’une amnistie : « Le président Déby est attendu par une partie de l’opinion nationale. Avec les pouvoirs que lui confère la Constitution, il met en liberté ces acteurs politiques. Mais il revient désormais au Parlement de prendre ses responsabilités. »
Une Assemblée nationale dominée par le pouvoir
L’Assemblée nationale, qui détient 124 des 188 sièges par le parti au pouvoir, est la seule institution capable de voter une amnistie. L’analyste Yamingué estime que la sincérité de la décision présidentielle sera mesurée par la capacité à soutenir une initiative parlementaire en faveur d’une loi d’amnistie pour ces leaders.
Réactions variées
Cette annonce de grâce suscite des réactions mitigées au Tchad. Le parti Les Transformateurs a choisi de ne pas commenter immédiatement, préférant attendre la libération de son leader. En revanche, le vice-président du parti, Ndolembai Sadé Njesada, a exprimé sa satisfaction, remerciant le président Déby pour sa décision, qu’il considère comme un pas vers « l’unité nationale ».
À l’opposé, Hissein Abdoulaye, porte-parole du GCAP, critique la grâce présidentielle, la qualifiant de recul démocratique. Dans le camp présidentiel, le Mouvement patriotique du salut (MPS) applaudit cette décision, la jugeant « salutaire » pour permettre aux responsables politiques de retrouver leur famille.
Source : DW.


