En Champagne, des vendanges précoces et acrobatiques sur des coteaux à 45 degrés

En Champagne, des vendanges précoces et acrobatiques sur des coteaux à 45 degrés

À Mareuil-sur-Aÿ, dans la Marne, les vendanges ont débuté ce 15 août au Clos des Goisses, sur des coteaux pouvant atteindre 45 degrés. Une récolte acrobatique, rendue plus difficile encore par la chaleur.

À flanc de coteau, les vendangeurs récoltent les raisins à la main depuis 7 heures ce matin. Au Clos des Goisses, en Champagne, les pentes peuvent atteindre 45 degrés. Impossible d’y faire entrer un tracteur, les équipes utilisent donc un petit chenillard pour transporter les raisins ou travaillent avec des seaux. « C’est un travail très délicat », souligne Charles Philipponnat, qui dirige la maison de champagne du même nom. Les coteaux les plus pentus sont réservés au pinot noir, tandis que le chardonnay est planté sur des pentes un peu moins fortes.

Cette année, le relief n’est pas la seule difficulté. La chaleur s’est invitée dans les vignes alors que les premiers coups de sécateurs ont débuté exceptionnellement tôt. « On n’a jamais commencé un 15 août », constate Teddy Gérard, responsable vignoble et approvisionnement. En raison de la vigilance orange canicule dans le département, les horaires ont été aménagés pour le personnel qui terminera « au maximum à 13 heures ».

Les équipes commencent par les parcelles où les raisins sont les plus mûrs. Pas de maladie ni pourriture, mais les grappes ne sont pas aussi lourdes que souhaité. « On a un nombre normal de grappes sur chaque pied mais elles sont très petites et ont beaucoup mûri », explique Charles Philipponnat. « Le diamètre des baies est inférieur d’environ 30 % à leur taille normale. »

Pour 2026, le rendement devrait atteindre « entre 6 000 et 7 000 kilos », précise Teddy Gérard, contre 8 000 à 9 000 kilos l’année précédente. « On a perdu 1 000 kilos rien que sur le mois de juillet », regrette-t-il. Le responsable de vignoble évoque une année « très décevante ». Si le printemps était encourageant, les kilos se sont réduits avec « le gel, les vagues de chaleur et les canicules à répétition ». « On a déjà eu, ces dix dernières années, des vendanges chaudes mais à ce point-là non. On subit aussi la météo en Champagne », corrobore Charles Philipponnat.

Dans les rangs, certaines feuilles se recroquevillent. La vigne cherche à limiter l’évaporation « pour se protéger et ne pas brûler », explique le chef d’entreprise. « La vigne a beau être une plante méditerranéenne qui aime le soleil, ce n’est quand même pas un cactus, il lui faut tout de même un peu d’humidité. »

Malgré un rendement en deçà des attentes, il constate une vigne « restée verte ». Situé sur l’un des terroirs les plus calcaires de la Champagne, le Clos des Goisses bénéficie de la présence de la craie dans ses sols qui draine l’eau mais en retient aussi une partie. « Elle permet à la vigne de continuer à avoir accès à l’hydratation malgré la sécheresse », indique Charles Philipponnat. « C’est une bonne surprise dans cette année très chaude. »

Source : France 3 Régions

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