« Je n’ai pas le sentiment d’être aisé » : le témoignage choc de Jean face à la désindexation des retraites
2 500 euros net de pension, une maison payée, des petits-enfants à gâter : sur le papier, Jean coche toutes les cases du « retraité aisée ». Pourtant, ce retraité ayant travaillé 43 ans dans le secteur bancaire refuse catégoriquement que sa pension soit gelée ou moins bien revalorisée que les prix. Pour lui, rogner sur la retraite n’est pas la solution à la dette publique.
En coulisses, il s’agit de la désindexation des pensions : ne plus faire évoluer certaines pensions au même rythme que les prix, voire les geler, alors que l’inflation érode le pouvoir d’achat. Cette me est envisagée pour les pensions jugées confortables, alors que les retraites représentent près de 400 milliards d’euros par an, soit environ 14 % du PIB. Toutefois, les sondages syndicaux et le vécu de Jean montrent un refus net.
Désindexation : une me technique vécue comme une baisse cachée
La règle actuelle prévoit une revalorisation annuelle des retraites de base en fonction de l’inflation, comme le rappelle le site officiel Service-Public. En 2026, la hausse a été de 0,9 %, correspondant à l’inflation moyenne annuelle constatée en 2025. La désindexation consiste à geler certaines pensions ou à les augmenter moins vite que l’inflation. Un amendement sénatorial a même proposé de ne pas augmenter les pensions au-dessus de 1 800 euros bruts en 2026, avec des revalorisations durables minorées.
Jean explique sa situation : « Quand vous avez payé votre taxe foncière, vos charges, votre électricité. il ne vous reste que 700 euros par mois net pour vous faire plaisir et gâter vos petits-enfants. Je n’ai pas le sentiment d’être un retraité aisée. » La désindexation affecte donc directement ce « reste à vivre », déjà impacté par les coûts de l’énergie, de l’assurance habitation et de la mutuelle santé.
Des retraités “confortables” qui ne se vivent pas comme privilégiés
Sur le plateau où Jean témoigne, l’économiste Pierre Rondeau souligne que, statistiquement, « Jean gagne plus que 50 % des Français ». Il note également un paradoxe : le taux d’épargne des personnes âgées atteint près de 22 %, l’un des plus élevés d’Europe. Cependant, de nombreux retraités se sentent loin du confort, surtout après avoir payé leurs charges.
Il existe aussi un sentiment de « contrat » brisé. Après des décennies de cotisations, beaucoup de seniors sont réticents à voir les règles changer une fois leur carrière terminée. En face, des actifs comme Sébastien, kiné libéral, expriment leur incompréhension face à cette situation.
Dette, effort collectif : ce qui crispe vraiment face à la désindexation
Selon l’INSEE, la dette publique a atteint environ 117,5 % du PIB au premier trimestre 2026. Un sondage IFOP révèle que 81 % des Français sont inquiets à ce sujet. Bien que 52 % des retraités se disent prêts à accepter une baisse de leur pension pour contribuer au redressement des finances publiques, un baromètre de l’UNSA Retraités indique que 84 % des répondants rejettent la désindexation, dont 61 % la jugent « totalement inacceptable ».
Les craintes sont multiples : celle d’être touché à cause d’un seuil arbitraire, celle de mes temporaires qui pourraient perdurer, et celle de l’incertitude concernant l’utilisation des économies réalisées. Pour certains seniors, dont l’épargne sert d’amortisseur en cas de dépendance ou pour aider leurs enfants, la désindexation représente un risque pour leur pouvoir d’achat quotidien.
Source : Marie France.



