Lorsque le Concorde a suivi l’éclipse solaire pendant 74 minutes
Bien avant l’éclipse de 2026, un événement similaire avait captivé l’attention : le 30 juin 1973, un avion Concorde a suivi une éclipse solaire pendant plus d’une heure, à une vitesse dépassant les 2 000 kilomètres par heure. Cette éclipse, qui s’étendait du Venezuela à l’océan Indien en traversant l’Afrique centrale, n’était pas visible depuis la métropole française, contrairement à celle prévue pour le 12 août 2026. Pourtant, le phénomène a suscité un grand intérêt en France, soulignant une prouesse aéronautique nationale.
L’expérience est restée dans les mémoires grâce à une mission scientifique réalisée à bord du Concorde, un avion supersonique franco-britannique aux lignes emblématiques. Ce vol a permis de suivre l’éclipse à travers le monde, marquant une expédition inédite.
À bord, l’équipage se composait de six pilotes, huit astronomes, et un photographe, évoluant à plus de 16 000 mètres d’altitude. Le Concorde a décollé des îles Canaries pour atterrir près de trois heures plus tard à Fort-Lamy, aujourd’hui N’Djaména, la capitale du Tchad. L’expédition, dirigée par l’astronome français Pierre Léna, visait à observer les phénomènes solaires en profitant de la vitesse du Concorde pour prolonger l’observation de l’éclipse à 74 minutes, au lieu de quelques minutes au sol.
L’intérêt scientifique de cette mission était évident : suivre l’éclipse à une vitesse adéquate permettait d’en profiter bien plus longtemps. L’Observatoire de Paris rappelle que cette expérience a été une réussite, générant de nombreuses données d’observation et des images publiques de l’événement. À ce jour, il s’agit de la seule expérience réalisée dans de telles conditions avec un avion aussi rapide.
Cette initiative a inspiré d’autres scientifiques à envisager des suivis d’éclipses avec des avions. Pour l’éclipse du 12 août 2026, plusieurs compagnies aériennes ont déjà prévu des vols spéciaux pour observer le phénomène, rappelant ainsi l’héritage de cette mission historique.
Source : Numerama



