OpenAI et Anthropic peuvent-ils vraiment freiner la course à l’IA ?
Les créateurs de ChatGPT et de Claude, OpenAI et Anthropic, plaident pour des mécanismes de régulation afin de ralentir la course mondiale à l’intelligence artificielle (IA). Cependant, ces deux laboratoires basés à San Francisco continuent de lancer de nouveaux modèles chaque mois et ont récemment déposé leurs dossiers d’introduction en Bourse début juin 2026. Ce paradoxe soulève des interrogations croissantes au sein du secteur.
La compétition entre les laboratoires d’IA s’intensifie. OpenAI et Anthropic reconnaissent des risques similaires liés à l’IA et appellent à une coordination internationale. Toutefois, des décisions récentes révèlent un écart entre leurs discours et leurs actions.
Quels risques concrets décrivent-ils ?
Les deux entreprises mettent en avant le scénario de l’« auto-amélioration récursive », où des IA pourraient entraîner leurs successeurs, réduisant ainsi le rôle des humains. Anthropic considère ce scénario comme « plausible », tandis qu’OpenAI affirme qu’il pourrait se réaliser « d’ici mars 2028 ».
Les risques cybernétiques sont également mis en avant. Anthropic a récemment dévoilé Fable 5, une version limitée de son modèle Mythos, capable de détecter des failles de sécurité dans des logiciels et de générer des programmes malveillants pour les exploiter. De plus, l’entreprise évoque un risque biologique, où l’IA pourrait modéliser des pathogènes plus transmissibles ou résistants aux traitements.
Les deux entreprises respectent-elles leurs propres engagements ?
La réponse semble être non. OpenAI continue de publier de nouvelles versions de ses modèles, tandis qu’Anthropic a annulé son engagement de suspendre l’entraînement de modèles plus puissants tant que leur sécurité n’était pas assurée. Sa charte désormais distingue entre les engagements contraignants et les recommandations, indiquant qu’Anthropic ne ralentira pas si ses concurrents avancent. Jack Clark, cofondateur d’Anthropic, a même souligné la nécessité d’un frein collectif, une condition jugée improbable à court terme par les experts.
Une proposition internationale sans calendrier précis
Anthropic a proposé un système de coordination mondiale pour suspendre temporairement le développement de l’IA de pointe, tandis qu’OpenAI suggère une organisation multilatérale pour ralentir la course à l’IA si nécessaire. Ces propositions existent depuis 2023 sans avancées concrètes. Les deux entreprises ont également déposé leurs dossiers d’entrée en Bourse en juin 2026, avec Anthropic valorisée à 965 milliards de dollars et OpenAI à 852 milliards.
Du marketing ou de la précaution sincère ?
Certains experts, comme Gary Marcus, estiment que ces alertes ressemblent plus à une stratégie marketing qu’à une véritable précaution. David Sacks, ancien conseiller en IA à la Maison Blanche, accuse Anthropic de « jouer sur la peur » pour obtenir des régulations favorisant ses modèles fermés, plus faciles à auditer. À l’opposé, Yann LeCun, directeur de la recherche IA chez Meta, défend l’open source comme plus transparent et sûr. Meredith Whittaker, présidente de Signal, souligne que le véritable danger réside dans les impacts actuels de l’IA sur des secteurs comme l’emploi et la surveillance.
En somme, la demande de régulation par OpenAI et Anthropic semble en décalage avec leurs actions, soulevant des questions sur leur sincérité et la capacité réelle à freiner la course à l’IA.
Source : Intelligence Artificielle.
