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<h2 class="texte">Prison : +35,4 % de matelas au sol en un an</h2><p>Les prisons françaises ont atteint un record inquiétant avec 89 446 détenus au 1er juillet dernier, selon les statistiques du ministère de la Justice. Ce chiffre représente une augmentation de 4 495 détenus (+5,3 %) par rapport à l'année précédente. Le nombre de places opérationnelles s'élève à 63 289, soit une hausse de 1,2 % sur un an, tandis que le nombre de matelas posés au sol a atteint 7 890, marquant une augmentation de 35,4 % par rapport à 2025. La densité carcérale dans les maisons d'arrêt est de 174,5 %, avec un taux de suroccupation global de 141,3 %. En réponse à cette situation, le ministère de la Justice prévoit l'ouverture de 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié devrait être opérationnelle d'ici 2027. Cependant, moins d'un tiers des 15 000 places additionnelles prévues dans le plan national lancé en 2018 ont été réalisées.</p> <h2 class="spip">Le QLCO de Vendin fait ses ‘preuves’</h2><p>Le premier quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) a été inauguré à Vendin-le-Vieil, accueillant 140 détenus jugés parmi les plus dangereux du pays, sous un régime de détention renforcé. Le ministère de la Justice a déclaré que « aucun téléphone n’a été découvert dans ces quartiers, aucun survol de drone n’y a été constaté, et aucune agression contre les personnels ni incident majeur ne s’y sont produits ». Ce dispositif, inspiré par l'Italie dans la lutte contre la Mafia, a reçu l'aval du Conseil constitutionnel, bien qu'il soit critiqué par des syndicats de magistrats, des associations et des avocats pour ses conditions de détention jugées excessives.</p> <h2 class="spip">Schengen, frontière à géométrie variable ?</h2><p>Suite à l'afflux de migrants à Ceuta, enclave espagnole au Maroc, l'Italie a demandé la « suspension de l’accord de Schengen avec l’Espagne ». Cette position, portée par la Première ministre d'extrême droite Giorgia Meloni, a été soutenue par la Finlande et le Danemark. Cependant, Frédérique Berrod, professeure de droit de l'Union européenne à Sciences Po Strasbourg, a rappelé dans Le Figaro (01/08) que « la suspension unilatérale de l’accord de Schengen n’est pas possible », soulignant que « Schengen n’est pas un accord de frontières ouvertes, mais un accord de gestion de frontières ».</p> <h2 class="spip">Une exploitation très politique</h2><p>Les textes européens ne permettent pas l'exclusion d'un État de l'accord de Schengen. Les 29 États membres (25 de l'Union européenne ainsi que l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse) peuvent néanmoins réintroduire des contrôles aux frontières en cas de menace grave pour l'ordre public ou la sécurité intérieure. Concernant l'incident à Ceuta, l'enclave ne partage pas de frontière avec un pays de l'UE et n'affecte donc pas directement l'espace Schengen. Ainsi, justifier un rétablissement des contrôles nécessiterait que les autorités espagnoles les mettent en œuvre sur le territoire espagnol, ce qui n'a pas été requis, la majorité des migrants ayant regagné le Maroc peu après leur arrivée.</p> <div class="tags postScriptum"> <p>Photo de Une : Le QLCO de Vendin fait ses ‘preuves’ ©DR</p></div>

Source : Ministère de la Justice, Le Figaro

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