Royaume-Uni. Accusé de plagiat, un ex-professeur de Cambridge se suicide : il était harcelé depuis trois ans

Accusé de plagiat, un ex-professeur de Cambridge se suicide

Les hommages affluent ce samedi en mémoire de Jason Arday, ancien professeur de l’université de Cambridge, retrouvé mort vendredi après avoir été au centre d’un scandale de plagiat. Des proches et des collègues dénoncent un harcèlement persistant à son égard depuis sa nomination il y a trois ans. Jason Arday, devenu en 2023 le plus jeune professeur noir de cette prestigieuse institution, était spécialiste de sociologie de l’éducation.

La mort de cet homme de 41 ans a été qualifiée de « tragédie » par le Premier ministre Andy Burnham, qui a souligné qu’il n’était pas le moment de porter des jugements hâtifs, mais plutôt de réfléchir aux circonstances ayant conduit à cette situation.

Dans un communiqué, Jason Arday avait exprimé que les accusations incessantes et les spéculations avaient eu de profondes répercussions sur lui. Il faisait l’objet de doutes sur ses travaux académiques ainsi que sur certaines affirmations de son parcours, qu’il contestait.

Les défenseurs de Jason Arday estiment que le racisme a joué un rôle dans l’intensification des critiques à son encontre. Sa famille a déclaré qu’il avait été la cible d’une campagne de harcèlement continu pendant plus de trois ans. La police a indiqué que son décès, retrouvé dans le quartier de Battersea à Londres, n’était pas considéré comme suspect.

Sadiq Khan, le maire de Londres, a affirmé que Jason Arday avait subi une humiliation publique dont d’autres personnes dans sa situation n’auraient pas été confrontées. Une députée travailliste a évoqué une « chasse aux sorcières ».

Le professeur Kehinde Andrews, ami de Jason Arday, a déploré que cette tragédie souligne la réalité difficile des universitaires noirs dans le milieu académique. L’Association africaine et caribéenne de l’université de Cambridge a exprimé sa profonde tristesse suite à son décès.

Les accusations de plagiat avaient été formulées par un chercheur américain, Nathan Cofnas, lui-même renvoyé de Cambridge en 2024 après avoir été accusé de racisme. Après avoir défendu Jason Arday, l’université avait ouvert une enquête début août.

Dans un entretien, Jason Arday avait reconnu avoir commis des « erreurs » académiques, mais avait nié être un « menteur » ou un « fraudeur universitaire », affirmant que la campagne visant à l’évincer était motivée par des considérations raciales.

Cette affaire met en lumière les défis rencontrés par les universitaires issus de la diversité et soulève des questions sur le racisme et le harcèlement dans le milieu académique.

Source : News Educ Cambridge

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