L’ICE veut utiliser des gants à impulsion électrique

L’ICE s’équipe de gants à impulsion électrique : des inquiétudes émergent

Les agents de l’immigration aux États-Unis devraient bientôt être équipés d’un nouvel outil : des gants permettant d’envoyer des décharges électriques. Cette annonce a suscité des inquiétudes, l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) étant souvent critiquée pour ses interventions musclées.

« Je comprends, en théorie, pourquoi ils envisagent l’utilisation de ces gants pour obtenir la coopération de personnes récalcitrantes, car il s’agit d’une option de recours à la force non létale », explique à La Presse Jillian Snider, ancienne policière du Service de police de New York.

Retraitée depuis 2020, Snider, qui enseigne actuellement au John Jay College of Criminal Justice à New York, n’a jamais utilisé ces gants, mais les a observés lors d’un congrès. Les gants se portent comme n’importe quelle paire de gants, jusqu’à ce qu’ils soient activés par un bouton au dos de la main. Lorsqu’ils sont activés, ils envoient un choc de 324 à 362 volts, permettant de maîtriser temporairement une personne sans causer de brûlures sur la peau.

Le département américain de la Sécurité intérieure, qui supervise l’ICE, a conclu un contrat avec le fabricant Compliant Technologies, d’une valeur estimée entre 10 et 20 millions de dollars. Cette somme laisse penser que les gants seront distribués à grande échelle.

Cette technologie n’est pas utilisée par les corps de police au Québec, selon le ministère québécois de la Sécurité intérieure. Un représentant a indiqué que « le gant à impulsion électrique n’est pas utilisé par les corps de police et n’a pas fait l’objet d’une demande de certification ou d’analyse ».

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, l’ICE a intensifié ses opérations visant à expulser des migrants sans statut légal. Michael Mannheimer, professeur de droit à la Northern Kentucky University, exprime ses préoccupations : « Ma principale préoccupation est que les agents de l’ICE puissent utiliser ces gants même lorsqu’il n’est pas nécessaire de le faire. » Il souligne également les risques pour ceux ayant des problèmes médicaux.

Les méthodes de l’ICE ont été critiquées pour leur brutalité. L’hiver dernier, deux citoyens américains ont été tués par des agents de l’ICE et de la Customs and Border Protection, suscitant l’indignation.

Tom Homan, nommé « tsar des frontières » par la Maison-Blanche, a défendu l’utilisation des gants, les qualifiant de « dispositif pour rendre coopératif quelqu’un qui ne l’est pas », sans fournir de détails sur leur encadrement.

Les limites d’utilisation des gants incluent leur inefficacité par-dessus les vêtements et une durée d’activation ne dépassant pas 15 secondes. Certaines parties du corps, comme la tête et le visage, ne doivent pas être ciblées, selon le guide du fabricant.

Jillian Snider s’interroge sur la formation des agents et sur les lignes directrices concernant l’utilisation de ces gants. Elle insiste sur l’importance des caméras corporelles pour asr une plus grande responsabilité, le directeur de l’ICE ayant annoncé que tous les agents en seraient équipés d’ici fin septembre.

Source : Associated Press

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