C’est un manque de respect : La grogne des marcheurs français aux championnats d’Europe
Les marcheurs et marcheuses des semi-marathons et marathons marche s’élanceront tous samedi à 8h30. Le rassemblement des courses risque de complexifier la logistique des ravitaillements et la compréhension du spectacle sportif.
À la lecture du programme des championnats d’Europe, des sourcils se sont levés. Quatre épreuves – semi-marathon marche hommes et femmes, marathon marche hommes et femmes – débuteront samedi 15 août à 7h30 (8h30 à Paris), en plein centre-ville de Birmingham. Plus d’une centaine d’athlètes seront réunis sur une boucle d’un kilomètre de long, un scénario inédit qui ne ravit pas la délégation française.
Clémence Beretta, engagée sur le semi-marathon, exprime son indignation : « J’interprète ça comme un manque de respect. Les Anglais n’ont pas de marcheurs donc, pour parler crûment, ça les fait un petit peu chier d’organiser la marche. » Cette situation contraste avec l’organisation des championnats à Rome il y a deux ans, où les épreuves avaient lieu devant le Stadio Olimpico, avec une arrivée sur la piste.
La boucle de Birmingham, jugée étroite et légèrement vallonnée, complique davantage les dépassements, notamment entre les différentes allures des participants. Pauline Stey, également engagée sur le semi-marathon, souligne les défis logistiques : « Ça va surtout être compliqué pour les personnes qui vont nous ravitailler. On a des super ravitailleurs, mais là on va être 100 marcheurs en même temps, des hommes, des femmes, des allures très différentes. »
Aurélien Quinion, engagé sur le marathon, partage son mécontentement : « On aurait pu faire un circuit sur deux kilomètres comme cela a été fait à Tokyo. On va sûrement rater les ravitaillements, on ne va pas voir forcément nos chronos, ça va être un bordel. »
Pour optimiser la récupération des bidons et gels, le staff français mettra en place plusieurs mes, incluant la désignation de quatre personnes pour le ravitaillement et un suivi rigoureux des athlètes.
La situation pose également des questions sur la compréhension des courses pour les spectateurs et les commentateurs, qui devront jongler entre plusieurs groupes d’athlètes. « Essayer de comprendre quelque chose quand il y a une centaine de personnes en même temps sur une piste qui ne font pas les mêmes distances, c’est ingérable », déplore Aurélien Quinion.
La polémique autour de l’organisation de ces épreuves pourrait bien être un sujet de discussion après la compétition, alors que les athlètes espèrent que leur voix sera entendue.
Source : France Info



