Libérée du centre de rétention, son expulsion est reprogrammée : une manifestation pour soutenir Nisrine, mère de 6 enfants
Libérée du centre de rétention, Nisrine D. a retrouvé ses six enfants à Vesoul (Haute-Saône), mais son avenir en France reste suspendu à une menace d’expulsion. Alors que son avocat dénonce un « choix politique », une manifestation de soutien est organisée pour s’opposer au départ de cette femme d’origine marocaine.
Quelques jours après son placement en centre de rétention, Nisrine D. a pu rentrer chez elle, à Vesoul, le 14 août 2026, sur une décision du juge des libertés et de la détention. Cependant, son avenir en France demeure incertain. L’inquiétude est palpable concernant le sort de cette mère de famille marocaine sous Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF), installée à Vesoul avec son mari et ses six enfants.
Dimanche 9 août, cette femme de quarante ans, arrivée en France en 2021, avait été appréhendée au commissariat vésulien, où elle venait « pointer » quatre fois par semaine depuis son assignation à résidence, décidée suite au rejet de sa demande de régularisation par la préfecture en juin 2025. Après son transfert au centre de rétention administrative de Metz, un vol pour le Maroc avait été programmé, mais annulé suite à un malaise de Nisrine.
Ces événements ont été vivement critiqués par Me Florent Diaz, avocat de la quarantenaire, qui a qualifié la situation de « hâtive », « ubuesque » et « incompréhensible » en raison de la « parfaite intégration de Mme Nisrine et sa famille en France ». La décision du juge des libertés a permis sa libération temporaire, mais la menace d’expulsion reste présente, avec un nouveau vol vers le Maroc prévu pour le 23 août.
« Je rappelle que ma cliente est insérée à Vesoul », souligne l’avocat. « Son mari travaille à Stellantis, ses six enfants, âgés de 21 mois à 17 ans, sont tous scolarisés. Ils vivent légalement dans leur appartement. » Il affirme également que la préfecture choisit de ne pas attendre la décision d’une autre procédure en cours devant la cour administrative d’appel de Nancy, ce qui, selon lui, traduit un choix politique de vouloir expulser une mère de famille sans histoire.
Pour protester contre cette décision, une manifestation est prévue aujourd’hui à 18h, devant la préfecture de Vesoul, à l’initiative de l’Alliance pour l’émancipation sociale, une association active en Haute-Saône. « Nous nous mobilisons pour protester contre une décision politique insupportable », déclare Gérard Dereux, président de l’organisation.
L’Amicale espère rassembler plusieurs dizaines de personnes pour soutenir Nisrine et sa famille, bien que l’issue demeure incertaine face à la décision de la préfecture.
Source : France 3 Franche-Comté



